De Ba3 à Caa2 : Le Sénégal paie-t-il le prix de ses choix politiques ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Maimouna | Publié le 14/09/2026 09:09:00

De Ba3 à Caa2 : Le Sénégal paie-t-il le prix de ses choix politiques ?

Abdoulaye Mady Ndiaye, ingénieur de l’Aviation civile et ancien secrétaire général de l’Organisation européenne pour l’équipement de l’Aviation civile, a publié une analyse sur la dégradation de la note souveraine du Sénégal.

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Suite de l’article : Depuis 2023, lorsque la notation était Ba3, celle-ci a été abaissée successivement à B1 le 5 octobre 2024, à B3 le 21 février 2025, à Caa1 le 11 octobre 2025, à CCC+ le 14 novembre 2025 et à Caa2 le 28 août 2026. L’analyse cite la gestion des Eurobonds et des déclarations publiques comme éléments déclencheurs.

L’auteur juge ces évolutions lourdes de conséquences pour l’économie sénégalaise et met en cause des choix politiques axés sur des slogans souverainistes et des mesures fiscales sans plan global. Il rappelle que le FMI, juste après l’élection du 24 mars 2024, estimait que « l’économie du Sénégal avait tous les voyants au vert », puis documente la détérioration rapide qui a suivi.

La dégradation s’inscrit dans un calendrier précis et public : les agences de notation ont reclassé le pays d’une économie dite spéculative à une économie extrêmement spéculative, avec un passage par la catégorie « risque de défaut ». Ces classifications reflètent des problèmes de liquidité et de confiance des marchés.

L’analyse retrace des déclencheurs concrets. Le 5 octobre 2024, la note est passée à B1 après des annonces publiques liées à la sortie d’un rapport de l’Inspection générale d’État, qui ont, selon l’auteur, créé une panique sur les marchés. Le 21 février 2025, une conférence axée sur un rapport de la Cour des comptes et sur des dettes qualifiées de cachées a entraîné un nouvel affaiblissement de la crédibilité de l’administration publique. Quelques mois plus tard, la notation à Caa1 a placé le pays parmi les économies présentant un risque de défaut ; S&P a ensuite aligné sa décision avec une note CCC+ en novembre 2025.

Les faits portent sur la gouvernance financière : manque de transparence autour des Eurobonds, plans de redressement qui n’attirent pas les bailleurs et besoins de financement évalués à environ 25 % du PIB. L’absence d’informations publiques sur certains emprunts externes et la multiplication d’annonces conflictuelles sont listées comme facteurs aggravants. L’auteur reproche aussi une stratégie fiscale consistant en une hausse d’impôts sans stratégie industrielle ou de transfert technologique.

Sur le plan politique, l’analyse énumère des éléments factuels qui illustrent un glissement vers des pratiques populistes : discours publics marqués par des promesses alarmistes, priorisation de slogans souverainistes et recours fréquent à des mesures symboliques. Ces choix sont présentés comme incompatible avec les exigences de crédibilité nécessaires pour convaincre investisseurs et partenaires extérieurs.

La chronique propose des comparaisons factuelles. D’un côté, la note Ba3 de 2023 classait le Sénégal parmi les économies dites spéculatives ; de l’autre, la note Caa2 d’août 2026 situe le pays dans une catégorie d’économie extrêmement spéculative, avec conséquences sur les coûts d’emprunt et l’accès aux marchés. Une autre comparaison met en regard la situation actuelle et les premières évaluations post-électorales du FMI, soulignant l’écart entre attentes et résultats.

Abdoulaye Mady Ndiaye qualifie la trajectoire de « une plongée dans les enfers de la régression et de la désillusion à tous les égards pour l’ensemble des Sénégalais et du Sénégal ». Il appelle implicitement à des réformes structurelles : industrialisation, transferts technologiques, transparence sur la dette et remise en ordre des mécanismes de gestion publique. Pour clore son propos, il avertit les dirigeants en affirmant que « la souveraineté n’est pas un étendard aux mains de populistes qui se targuent de slogans creux », en laissant la question de la crédibilité financière comme enjeu central pour l’avenir du pays.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ibrahima S.
Mis en ligne : 14/09/2026

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