La confédération syndicale française CGT et deux organisations de la société civile kényane ont adressé une mise en demeure à la filiale kényane de Teleperformance, entreprise française présente au Kenya, pour des pratiques de recrutement et des atteintes aux droits des travailleurs.
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Suite de l’article : Les plaignants reprochent à Teleperformance Kenya d’induire en erreur les services d’immigration en faisant passer des salariés étrangers pour des stagiaires et demandent l’ouverture d’une médiation dans un délai de trois mois avant toute action judiciaire en France.
L’affaire survient alors que Teleperformance se présente comme le numéro un mondial des centres d’appel et des services digitaux, avec une présence importante de personnel multilingue au Kenya. Des contentieux similaires ont déjà été engagés contre d’autres sociétés de la tech opérant dans le pays.
Les accusations portent sur plusieurs mécanismes précis. Selon la mise en demeure, l’entreprise aurait prétendu devant les autorités migratoires que des personnes étrangères étaient venues au Kenya pour suivre une formation et non pour travailler, ce qui fausse les motifs de séjour. Les plaignants allèguent aussi que l’employeur a préparé des messages à transmettre aux salariés en cas d’interrogatoire par l’immigration, afin de renforcer la version du stage. Ces pratiques, si elles sont avérées, peuvent conduire à une situation d’exploitation administrative des travailleurs et à des séjours irréguliers prolongés.
Sur le plan des conditions de travail, la filiale kényane est également mise en cause pour l’exposition prolongée des modérateurs de contenus à des images violentes et choquantes. Les dossiers font état d’une confrontation quotidienne à ce type de contenus pendant plus de huit heures par jour pour certains salariés, une charge que les syndicats considèrent comme délétère pour la santé mentale et physique des personnes concernées. Des procédures judiciaires concernant les conditions de travail chez Sama, filiale kenyane de Meta, ont déjà mis en lumière des problématiques comparables dans le secteur de la modération de contenu.
Les plaignants envisagent des suites judiciaires en France si la médiation exigée n’est pas mise en place dans le délai imparti. La mise en demeure vise à obtenir des clarifications sur les pratiques de recrutement et sur la conformité des déclarations faites aux autorités migratoires. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de recours collectifs visant des multinationales technologiques et des prestataires de service basés au Kenya.
Plusieurs éléments factuels ressortent de ce dossier et renforcent la gravité des accusations: présence importante de travailleurs étrangers dans les centres d’appel multilingues, allégations de mensonges aux services d’immigration, existence de consignes écrites remises aux salariés pour orienter leurs témoignages, exposition prolongée à des contenus violents, et menace de poursuites transnationales en cas d’absence de médiation. Un témoignage cité par les plaignants évoque la formule utilisée pour les déclarations aux autorités: « venir pour suivre une formation et non pour travailler ».
La situation pose des questions pratiques et juridiques autour de la responsabilité des employeurs, du contrôle des séjours de travail et des obligations de protection des salariés exposés à des risques psychosociaux. Elle rappelle des conflits antérieurs au Kenya et invite à un examen des procédures internes de recrutement et de prise en charge des salariés. En l’absence d’une médiation acceptée par les parties, le dossier risque d’évoluer vers une confrontation judiciaire entre syndicats, organisations civiles et la société concernée, avec des implications à la fois locales et internationales pour la gouvernance des acteurs du secteur.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Hervé D.
Mis en ligne : 23/09/2026
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