Paul Mackenzie, fondateur de l’Église Good News International, et 28 coaccusés ont été reconnus coupables lundi par un tribunal de Mombasa du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants, dans la forêt de Shakahola, près de Malindi, au Kenya.
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Suite de l’article : L’accusation affirme qu’ils incitaient des fidèles à jeûner jusqu’à la mort pour « rencontrer Jésus ». Le verdict intervient plus de trois ans après la découverte des premières fosses communes et après des enquêtes médico-légales et policières étendues.
L’affaire a éclaté en avril 2023 après le signalement d’une organisation de défense des droits humains et le sauvetage de plusieurs adeptes ; la Commission nationale des droits de l’homme du Kenya avait recensé 429 morts en 2024.
Le tribunal a retenu que les prévenus avaient organisé un groupe structuré autour de pratiques de radicalisation, d’isolement et de domination conduisant des familles à rompre leurs liens et des mères à laisser mourir leurs enfants. Les examens médico-légaux ont établi que 72 victimes étaient mortes de faim, d’autres devaient leur décès à l’asphyxie, à la compression manuelle du cou ou à des traumatismes crâniens, et pour 110 corps la décomposition a empêché de déterminer une cause précise ; le juge a néanmoins estimé que les éléments circonstanciels permettaient d’inférer une mort par inanition. La justice kényane fait face à une masse de chefs d’accusation et à des preuves fragmentaires liées à l’état des dépouilles.
Les chiffres bruts rendent l’affaire singulière : plus de 400 morts recensés, des fosses découvertes sur un terrain de 325 hectares et des corps encore non identifiés. Paul Mackenzie avait déjà été arrêté en 2017 puis acquitté, puis à nouveau arrêté en 2019 avant d’être libéré sous caution ; il fait aussi l’objet d’inculpations pour homicide involontaire et terrorisme, et a été mis en examen en janvier pour 52 corps supplémentaires découverts dans un village voisin. La défense, par la voix de Lawrence Obonyo, a déclaré que ses clients étaient « surpris et déçus » et a annoncé son intention de faire appel. Le prononcé des peines est attendu le 6 novembre.
La douleur des familles reste palpable dans les témoignages publics et privés. Francis Wanje, 62 ans, qui a perdu huit membres de sa famille, dont sa fille et deux petits-enfants, a dit: « Les miens ne reviendront jamais, mais au moins, quelque chose a été fait ». Ce type de déclaration traduit le deuil profond et la difficulté à obtenir une réparation complète alors que d’autres corps continuent d’être découverts.
L’ampleur des faits soulève des questions factuelles sur les capacités médico-légales, sur la gestion des preuves et sur la protection des proches. Le tribunal a abondé dans le sens d’une culpabilité collective basée sur l’organisation du groupe et les pratiques imposées aux fidèles, mais la décomposition avancée de nombreux cadavres limite les certitudes scientifiques. Comparée à d’autres tragédies sectaires dans le monde, cette affaire figure parmi les plus meurtrières au Kenya et rejoint des extrêmes historiques comme Jonestown par son ampleur humaine. Comparée aux procédures judiciaires habituelles, la complexité des charges et le grand nombre de témoins rendent la procédure particulièrement lourde à conduire.
Les autorités et la société kenyane font face à des appels pour renforcer le contrôle des organisations religieuses et améliorer la prévention des dérives sectaires. Entre la recherche de justice et le besoin de préserver la dignité des victimes, la suite judiciaire devra aussi gérer les attentes des familles, les limites des preuves scientifiques et les risques de recours. Le verdict marque une étape importante, mais il laisse en suspens des questions cruciales sur l’identification des corps, la réparation des proches et la manière dont la société traite de telles catastrophes humaines.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Clara S.
Mis en ligne : 26/10/2026
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