Ouverture des JOJ : Dakar face au casse-tête de la circulation - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 26/10/2026 09:10:00

Ouverture des JOJ : Dakar face au casse-tête de la circulation

Le gouverneur de Dakar a signé, le 20 octobre, un arrêté instituant des mesures temporaires de circulation, de stationnement et de sécurisation autour de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse prévue le 31 octobre au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio.

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Suite de l’article : L’arrêté réserve la voie de gauche de l’autoroute de l’Avenir à la « circulation olympique » et limite l’accès à la sortie n°11 aux véhicules munis d’un macaron du COJOJ pendant la journée et la soirée de l’événement. La SECAA, le CETUD, l’AGEROUTE et les forces de sécurité sont chargés du balisage et de la signalisation.

Ces mesures touchent l’axe Patte d’Oie – AIBD, la RN2 et des portions de l’autoroute à péage entre la Patte d’Oie et Sébikhotane, avec des horaires précis pour les interdictions de circulation des poids lourds. Les corridors de secours aux sorties n°10, n°11 et n°12 doivent rester libres pour les interventions.

L’ampleur des restrictions crée des effets concrets sur la mobilité régionale. La réserve d’une voie entière pour des convois officiels et la fermeture effective de certaines sorties au public déplacent des flux de véhicules vers les voies restantes, les routes nationales et les zones urbaines proches, augmentant la charge sur des infrastructures qui ne sont pas pensées pour un afflux concentré et temporaire.

La façon dont la réserve de la voie de gauche est appliquée multiplie les points de friction. La circulation olympique est organisée dans un sens de 7 h à 19 h puis dans le sens inverse de 19 h à 23 h 30, ce qui provoque des basculements de charges selon les plages horaires. La sortie n°11 est fermée au public de 7 h à 23 h 30, ce qui oblige les spectateurs et les utilisateurs quotidiens à emprunter les sorties n°10 et n°12 puis des itinéraires secondaires. Le règlement indique que « la voie de gauche… sera réservée à la circulation olympique » et que « la sortie n°11… sera exclusivement réservée » aux véhicules accrédités.

Ces contraintes ont des conséquences mesurables pour les usagers sans accréditation. Les transports de marchandises de plus de 3,5 t sont interdits sauf autorisation, ce qui perturbe les livraisons commerciales et logistiques sur des créneaux larges, de 7 h à 23 h 30 sur l’autoroute à péage. Les automobilistes non concernés sont invités à circuler sur les voies les plus à droite, une recommandation qui, dans la pratique, concentre le trafic et réduit la capacité effective des voies disponibles pendant les heures de pointe.

Comparée aux périodes de congestion habituelle du grand Dakar, la situation risque d’amplifier les embouteillages sur la RN1 et la RN2, ainsi que sur les routes communales desservant Diamniadio. Comparée à la gestion d’autres grands événements qui ont recours à des fermetures partielles, la mesure présente la particularité d’une privatisation temporaire d’une voie structurante de l’autoroute, avec peu de relais pour les usagers non concernés.

Les acteurs techniques prévoient le balisage et des navettes pour les spectateurs, mais l’absence visible d’une consultation publique préalable est un élément factuel qui pèse sur l’acceptation des mesures. L’obligation pour les spectateurs d’utiliser des navettes ou des cheminements piétonniers, combinée aux restrictions sur les poids lourds et aux horaires variables, impose une reconfiguration des trajets professionnels et privés sur une journée entière.

Des données de trafic et des retours d’expérience lors d’autres fermetures temporaires pourraient permettre d’évaluer l’impact précis en heures de retard moyen et en coûts logistiques pour les entreprises de transport, mais ces chiffres ne sont pas publiquement disponibles dans le texte de l’arrêté. Les services de secours disposent de corridors dégagés, ce qui reste une garantie opérationnelle essentielle.

La décision administrative concentre donc la circulation officielle sur une partie majeure de l’autoroute et reporte des charges substantielles sur les autres axes, au détriment d’une partie des usagers qui n’ont pas été consultés avant la mise en place des restrictions. Les impacts restent à mesurer précisément, mais la logique de la mesure crée, sur le papier et dans les modalités d’application connues, une pression accrue sur le réseau routier périphérique et les chaînes logistiques locales.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ismaël F.
Mis en ligne : 26/10/2026

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