Décrets de 2013 et 2018 : Le bouclier juridique d’Abdou Karim Fofan - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 14/10/2026 09:10:00

Décrets de 2013 et 2018 : Le bouclier juridique d’Abdou Karim Fofan

Abdou Karim Fofana, ancien directeur général de l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État (AGPBE), a été auditionné récemment devant une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les cessions d’immeubles du patrimoine bâti.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : L’audition, tenue à l’assemblée nationale, a porté sur le régime d’approbation des baux et sur des décrets intervenus en 2013 et en décembre 2018. La séance a dégénéré en échange tendu entre l’ancien DG et le président de la commission.

Face aux députés, M. Fofana a insisté sur une distinction entre deux périodes: les baux signés avant la création de l’AGPBE et ceux conclus par l’agence depuis le décret de 2013 qui l’a instituée. Il a affirmé que les contrats conclus par l’agence n’avaient pas besoin d’approbation par décret, arguant que le décret de 2013 lui conférait la compétence pour mener les opérations d’acquisition et d’aliénation du patrimoine bâti. Sa défense a été répétée à plusieurs reprises et il a évoqué la date de décembre 2018 liée à un décret d’approbation.

La commission cherchait à comprendre les modalités d’approbation et les responsabilités administratives dans la mise à disposition de locaux commerciaux et de villas par bail.

L’audition offre des éléments factuels qui dessinent une stratégie communicationnelle centrée sur la répétition et le renvoi aux textes. D’abord, M. Fofana a signalé que la question lui était posée pour la quatrième fois, ce qui indique une réitération formelle de sa position. Ensuite, il a distingué de façon nette la période antérieure à l’AGPBE et la période postérieure au décret de 2013, plaçant la légitimation de ses actes sur l’existence de ce texte. Enfin, il a demandé que le débat cesse sur certains points et a proposé de clore le sujet pour répondre à un député, geste vécu comme un verrouillage du champ d’interrogation.

Plusieurs faits concrets renforcent l’impression d’évitement. Dans la salle, des voix ont demandé qu’on s’en tienne strictement à la question posée, signe d’une tension sur le format des réponses; M. Fofana a reproché au président de commenter ses réponses et de vouloir l’amener vers une conclusion précise, rappelant qu’il n’était pas juge; il a aussi déclaré qu’il n’avait pas cherché à « tirer la couverture » et qu’il n’avait pas pris la parole dans les médias ces dernières années. Ces éléments factuels montrent une posture défensive articulée autour de deux leviers: l’invocation d’un cadre réglementaire favorable et le refus d’entrer dans une controverse publique élargie.

La comparaison entre les baux antérieurs à la création de l’agence et ceux signés sous l’empire du décret de 2013, telle que présentée par l’ancien directeur, pose un problème de traçabilité documentaire et de compétence décisionnelle qui n’a pas été levé pendant l’audition. De la même manière, la répétition des arguments juridiques face aux députés contraste avec l’absence d’explications supplémentaires sur les pratiques opérationnelles et les contrôles internes.

Des éléments factuels complémentaires renforcent la question de la sincérité des explications: la répétition d’une même défense lors de plusieurs auditions, la demande explicite de limiter les échanges en séance, et l’appui exclusif sur un texte daté de 2013 pour justifier l’absence d’approbation par décret. Ces constats, tous documentés dans le compte rendu de l’audition, alimentent la défiance et soulignent le besoin d’une clarification documentaire avant toute conclusion sur la régularité des cessions.

La séance s’est terminée sans apaisement manifeste, laissant la commission avec des réponses formelles mais peu d’éléments opérationnels nouveaux, et alimentant des interrogations persistantes sur la transparence et la sincérité des justifications avancées par l’ancien directeur.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba D.
Mis en ligne : 14/10/2026

—

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top