La scène qui s’est jouée lors de la passation de la Caisse des Dépôts et Consignations a tourné court pour l’image de l’institution.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Une procédure administrative transformée en marathon de vérifications et en signatures nocturnes ne peut être expliquée par un hasard. La lenteur, les blocages et la mise en scène vestimentaire du directeur sortant traduisent des failles de gouvernance qui demandent d’être regardées sans complaisance.
Les faits parlent d’eux-mêmes : une cérémonie suspendue, plus de quarante-huit heures de contrôles sous la houlette de l’Inspection générale des Finances et un procès-verbal signé à 00 h 20. Ces éléments montrent que la transmission n’avait pas été préparée comme l’exigent des institutions financières d’État. Lorsque l’on confie des engagements budgétaires et des inventaires à une nouvelle direction, des procédures claires et standardisées doivent assurer la continuité et la sécurité des dossiers. Ici, l’absence apparente de listes de contrôle, d’états synthétiques ou de mécanismes de pré-audit a obligé l’administration à improviser un audit in situ qui aurait dû être inutile.
La tenue du directeur sortant a ajouté une dimension politique à une affaire qui aurait dû rester technique. Vêtu d’un pantalon de treillis et d’une casquette, il a affirmé par son image ce que certains de ses propos laissaient entendre : une posture de rupture. Un commentaire public comme « je refuse de féliciter le Président » contribue à brouiller la frontière entre la gestion d’un établissement public et l’affirmation d’un positionnement politique personnel. La conjugaison d’une passation mal préparée et d’une mise en scène volontaire fragilise la confiance dans la protection des dossiers confiés à la CDC.
Sur le plan concret, les risques sont tangibles. Un transfert bâclé expose à des erreurs comptables, à des engagements non signalés et à des trous de responsabilité qui compliquent le contrôle ultérieur. La nécessité d’un contrôle exhaustif par l’IGF indique que les procédures internes n’ont pas suffi. Comparé à une passation bien huilée dans une grande entreprise où l’on trouve des états consolidés, des audits préalables et des comités de transfert, la séquence observée à la CDC ressemble davantage à une improvisation. Comparé aussi à certaines administrations qui disposent de manuels de passation et de référentiels de continuité, le contraste est frappant.
L’analyse politique ne doit pas masquer l’exigence technique : la CDC gère des ressources publiques, elle ne peut tolérer des transitions qui reposent sur l’urgence et la médiation d’auditeurs externes. Le recours massif à des vérifications in extremis révèle une gouvernance qui n’a pas internalisé les outils de traçabilité et de continuité. Cette fragilité institutionnelle alimente le soupçon et ouvre la porte aux manipulations, conscientes ou non, des dossiers en période de basculement.
Le constat est dur mais nécessaire : la passation retardée met en lumière une insuffisance de dispositifs garantissant une transition sereine et la préservation de l’intégrité des dossiers. Sans recourir à des imprécations, la réalité montre que l’institution a été surprise par ses propres manques. Le débat public doit désormais porter sur la mise en place de règles précises, d’états de synthèse obligatoires et d’une culture administrative qui privilégie la continuité plutôt que la mise en scène. La confiance dans une institution financière publique se construit sur des procédures visibles et respectées, pas sur des nuits de vérification et des apparitions en treillis.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Diarra Bousso.
Mis en ligne : 09/10/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





