La suspension de la couverture sécuritaire des combats de lutte par le Ministère de l’Intérieur relance un débat crucial : la vie humaine doit-elle être sacrifiée sur l’autel du spectacle et du business ?
Depuis l’ouverture de l’Arène Nationale, 17 morts ont été recensés, sans compter les tragédies survenues lors des tournois de Nawetaan. Face à cette réalité, il est impératif de repenser nos priorités. Un État fort ne peut tolérer que des activités entraînant des pertes humaines continuent sans remise en question.
Il est évident que la lutte est une passion ancrée dans la culture sénégalaise et qu’elle constitue une manne financière pour de nombreux acteurs. Cependant, cette réalité ne saurait justifier les drames à répétition. La majorité des Sénégalais approuve la décision du Ministère de l’Intérieur et réclame la même rigueur pour les Nawetaan, où la violence a également coûté des vies, comme en témoigne le récent drame survenu à Pikine. Trop c’est trop. Il est temps d’établir des règles strictes pour garantir la sécurité des citoyens.
Une question demeure : pourquoi les promoteurs de lutte s’opposent-ils à l’organisation des combats en journée ? Le Sénégal a accueilli des matchs de football en plein après-midi devant plus de 50 000 spectateurs sans incidents majeurs. Il n’existe aucune obligation à ce que la lutte se déroule la nuit. Ce choix ne serait-il pas dicté par des intérêts commerciaux au détriment de la sécurité ? Il est urgent d’interroger ces pratiques et d’y apporter des ajustements nécessaires.
D’ailleurs, dans d’autres pays, des mesures drastiques sont prises dès qu’un événement sportif entraîne une perte humaine. Si un combat de MMA ou de boxe provoquait un décès, il ferait l’objet d’une enquête approfondie et de réformes immédiates. Pourquoi le Sénégal devrait-il agir différemment ? Il est temps d’instaurer des standards de sécurité à la hauteur des enjeux pour éviter que ces drames ne se répètent indéfiniment.
Enfin, au-delà des débats sur la lutte et les Nawetaan, une réflexion plus large s’impose sur la place de ces compétitions dans le développement du pays. De nombreux États ont su prospérer sans ces activités. La vie humaine n’a pas de prix, et aucune somme d’argent ne pourra la racheter. Il est temps d’organiser une mobilisation nationale pour dire non à ces violences inutiles et exiger des solutions adaptées.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Papa Gueye.
Mis en ligne : 22/02/2025
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