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L’article de L’Observateur du 8 novembre 2025 décrit un dispositif sécuritaire « XXL » déployé par la Police et la Gendarmerie sénégalaises pour encadrer les manifestations politiques prévues à Dakar. Drones, anti-drones, GMI, DIC, OCRTIS, et tous les commissariats mobilisés : rien n’est trop beau pour quadriller la capitale et prévenir tout incident lors des rassemblements politiques. Pourtant, cette démonstration de force soulève une question lancinante : pourquoi une telle mobilisation pour des manifestations, aussi sensibles soient-elles, alors que les quartiers de Dakar et d’autres régions du Sénégal croupissent sous la menace quotidienne du banditisme ? L’État semble ainsi privilégier la gestion de l’ordre politique au détriment de la sécurité des citoyens dans leur vie de tous les jours.
Dakar, avec une population estimée à plus de 3,6 millions d’habitants en 2025, est confrontée à une criminalité endémique. Les agressions, cambriolages, vols et cybercriminalité y sont monnaie courante, avec des taux de prévalence alarmants : 89,7 % des actes de délinquance concernent la région de Dakar, selon les dernières données disponibles. Pourtant, les dispositifs déployés pour lutter contre ce fléau restent timides, voire inexistants, comparés à l’arsenal technologique et humain mobilisé pour encadrer des manifestations politiques. Les autorités justifient ce déploiement massif par la crainte de troubles à l’ordre public, mais cette justification sonne creux face à l’insécurité chronique qui mine le quotidien des Sénégalais.
Dans le même temps, des pays voisins comme la République démocratique du Congo ou le Burkina Faso ont lancé des opérations d’envergure contre le banditisme urbain, avec des moyens humains et technologiques comparables à ceux réservés aux manifestations à Dakar. Ces exemples montrent qu’il est possible de prioriser la sécurité des citoyens, mais que le Sénégal semble faire un choix différent.
Le dispositif décrit par L’Observateur est impressionnant : drones, anti-drones, unités spécialisées, coordination renforcée entre police et gendarmerie, réunions de préparation, et une vigilance maximale tout au long de la journée. Tout est mis en œuvre pour garantir le déroulement pacifique des rassemblements, mais aussi pour afficher une ferme volonté de contrôle politique. Pourtant, cette énergie et ces ressources ne sont pas déployées avec la même intensité pour sécuriser les quartiers où le banditisme fait rage.
Les statistiques sont accablantes : Dakar concentre près de 90 % des actes de délinquance, avec des formes variées allant des agressions aux cambriolages, en passant par la cybercriminalité. Les citoyens, les commerçants, les femmes et les enfants sont les premières victimes de cette insécurité, mais leurs appels à l’aide restent trop souvent lettres mortes. Les forces de l’ordre, omniprésentes lors des manifestations, brillent par leur absence dans les rues et les quartiers sensibles en temps normal. Les rondes, les patrouilles et les opérations de prévention sont rares, et les bandits agissent en toute impunité, comme en témoignent les nombreux procès pour grand banditisme qui défraient régulièrement la chronique.
Cette situation révèle une inversion des priorités : l’État semble plus préoccupé par le maintien de l’ordre politique que par la protection des vies et des biens. Les manifestations, aussi importantes soient-elles, ne durent qu’un jour ; l’insécurité, elle, est permanente.
Le déploiement de drones, d’anti-drones et de toutes les unités spécialisées pour une journée de manifestations contraste avec l’absence de moyens similaires pour lutter contre le banditisme. Pourquoi ne pas utiliser ces technologies pour surveiller les quartiers sensibles, traquer les bandes criminelles, ou prévenir les cambriolages ?
Les citoyens se sentent abandonnés face à la criminalité. Les forces de l’ordre, visibles en masse lors des manifestations, sont invisibles dans les quartiers. Cette absence nourrit un sentiment d’injustice et de méfiance envers les institutions.
En RDC, au Burkina Faso ou en Guinée, des opérations spécifiques ont été lancées pour éradiquer le banditisme urbain, avec des résultats encourageants. Au Sénégal, en revanche, les dispositifs sécuritaires restent concentrés sur les enjeux politiques, au détriment de la sécurité quotidienne.
Cette inversion des priorités n’est pas anodine. Elle reflète un choix délibéré de privilégier le contrôle politique à la protection des citoyens. Les manifestations, même interdites, bénéficient d’une attention sans commune mesure avec celle accordée à la lutte contre la criminalité.
Le dispositif XXL déployé pour encadrer les manifestations du 8 novembre 2025 à Dakar est une démonstration de force qui interroge. Alors que les quartiers de la capitale et d’autres régions du pays souffrent d’une insécurité chronique, les autorités semblent plus préoccupées par la gestion de l’ordre politique que par la sécurité des citoyens. Cette inversion des priorités est d’autant plus incompréhensible que les moyens existent, mais ne sont pas utilisés là où ils sont le plus nécessaires.
Il faut que l’État sénégalais réévalue ses choix sécuritaires et place la protection des citoyens au cœur de ses priorités. La sécurité ne doit pas être un luxe réservé aux jours de manifestations ; elle doit être une réalité quotidienne pour tous les Sénégalais. Sinon, le fossé entre les promesses et la réalité ne fera que se creuser, au détriment de la confiance entre les gouvernants et les gouvernés.
Face à cette situation, une question s’impose : jusqu’à quand les Sénégalais devront-ils attendre avant que leur sécurité ne devienne une véritable priorité nationale ? La réponse dépendra de la capacité des autorités à entendre leur ras-le-bol et à agir en conséquence.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 24/11/2025
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