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La question de la surfacturation des chantiers publics au Sénégal suscite des inquiétudes croissantes. L’Union pour une République Vertueuse (URV) a récemment mis en lumière ce phénomène, affirmant qu’il constitue un mal structurel qui nuit gravement à l’économie du pays. Les pratiques de surfacturation, selon l’URV, détournent des ressources cruciales, mais il est essentiel d’examiner si cette focalisation sur la surfacturation ne masque pas d’autres problèmes économiques tout aussi préoccupants.
La surfacturation dans les marchés publics au Sénégal est un sujet récurrent qui soulève des questions sur la transparence et la gestion des fonds publics. Les projets d’infrastructure, tels que les routes et les établissements scolaires, sont souvent critiqués pour leurs coûts jugés excessifs. L’URV affirme que ces pratiques entraînent des pertes financières significatives pour l’État, estimées à des dizaines de milliards de francs CFA chaque année. Cependant, il convient de replacer cette problématique dans un contexte économique plus large, où d’autres défis tels que le chômage, la pauvreté et l’accès aux services de base demeurent pressants.
L’URV soutient que les surcoûts des projets publics sont le résultat d’un système profondément ancré qui favorise la corruption. Les accusations incluent des marchés publics surévalués et des avenants injustifiés. Cependant, ces allégations, bien qu’importantes, peuvent détourner l’attention d’autres enjeux économiques. Par exemple, le taux de chômage des jeunes au Sénégal s’élevait à 13,4 % en 2022, tandis que l’accès à des services essentiels comme l’éducation et la santé reste limité. Les ressources qui pourraient être allouées à ces secteurs critiques sont potentiellement compromises par une focalisation excessive sur les surfacturations.
Les arguments avancés par l’URV sont soutenus par des données probantes, mais ils soulèvent des questions sur l’impact réel de ces pratiques sur le développement économique global. Par exemple, alors que l’URV appelle à des audits des projets d’infrastructure, il est également nécessaire de considérer l’importance d’une planification économique à long terme. La mise en place d’une base nationale de prix de référence, bien que pertinente, doit être accompagnée d’initiatives visant à améliorer l’éducation et la formation des jeunes, afin de les préparer au marché du travail.
Le discours alarmiste de l’URV pourrait, en effet, détourner l’attention des véritables problèmes économiques du Sénégal. En se concentrant sur la surfacturation, il est possible que des questions telles que la nécessité d’une diversification économique et d’un soutien accru aux secteurs productifs soient négligées. Les préoccupations relatives à la gestion des marchés publics doivent être équilibrées par une approche holistique qui prend en compte les défis sociaux et économiques plus larges.
Des études montrent que la corruption dans les marchés publics peut avoir des effets néfastes sur le développement économique. Cependant, il est également crucial de noter que des efforts sont en cours pour améliorer la transparence et la responsabilité dans la gestion des fonds publics. Par exemple, des initiatives de gouvernance ouverte ont été mises en place pour renforcer la confiance des citoyens dans les institutions publiques. Cela souligne l’importance d’une approche équilibrée qui ne se limite pas à critiquer, mais qui propose également des solutions constructives.
La surfacturation des chantiers publics est un problème sérieux qui mérite une attention particulière. Toutefois, il est tout aussi crucial de ne pas perdre de vue les autres défis économiques auxquels le Sénégal est confronté. L’URV soulève des préoccupations légitimes, mais un discours trop alarmiste pourrait masquer des enjeux tout aussi cruciaux pour le développement du pays. Une approche intégrée et équilibrée est nécessaire pour garantir que les ressources soient utilisées de manière efficace et au bénéfice de toute la population.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mamadou F. Ndiaye.
Mis en ligne : 02/01/2026
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