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Le Sénégal a récemment célébré une avancée significative dans le domaine médical avec la réalisation de la deuxième greffe de moelle osseuse au Centre hospitalier national Dalal Jamm. Cette opération, menée par une équipe médicale exclusivement féminine, a permis de sauver la vie d’un patient qui se trouve aujourd’hui en parfaite santé. Cependant, cet exploit ne doit pas masquer la réalité préoccupante de nombreux patients qui continuent de faire face à des défis d’accès aux soins de qualité.
La greffe de moelle osseuse est une procédure complexe qui nécessite des compétences médicales avancées et des infrastructures adéquates. Au Sénégal, la première greffe réussie a été réalisée en mi-2025, marquant un tournant dans la capacité du pays à offrir des soins spécialisés. L’équipe dirigée par la Professeure Fatou Samba Diago Ndiaye, avec le soutien de la Professeure Seynabou Fall et de la Docteure Lolita, a démontré l’expertise croissante du personnel médical local. Cependant, malgré ces succès, le système de santé sénégalais est confronté à des défis majeurs, notamment des inégalités d’accès aux soins.
La réussite de cette greffe est un symbole de progrès pour le Sénégal, illustrant une autonomie médicale en pleine expansion. Le patient, qui a exprimé sa gratitude envers l’équipe soignante, est la preuve vivante de l’impact positif que ces interventions peuvent avoir. Néanmoins, il est essentiel de reconnaître que cette avancée ne doit pas occulter les difficultés rencontrées par de nombreux patients. En effet, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que près de 40 % de la population sénégalaise n’a pas accès à des soins de santé adéquats. Cette situation soulève des questions sur l’équité et la disponibilité des traitements pour tous.
Les succès médicaux comme celui de Dalal Jamm mettent en lumière l’importance d’investir dans les infrastructures de santé et la formation continue des professionnels. Toutefois, ces réalisations doivent être mises en perspective avec le fait que de nombreux patients souffrent encore de pathologies pour lesquelles ils n’ont pas accès à des traitements appropriés. Les évacuations sanitaires vers l’étranger, souvent coûteuses et inaccessibles pour une grande partie de la population, demeurent une réalité. Par exemple, le coût d’une évacuation pour une greffe à l’étranger peut atteindre jusqu’à 20 millions de francs CFA, un montant prohibitif pour de nombreuses familles.
Le succès de la greffe de moelle osseuse à Dalal Jamm doit être célébré, mais il est crucial de ne pas perdre de vue la situation des patients qui n’ont pas la chance de bénéficier de soins de qualité. Les inégalités géographiques et socio-économiques dans l’accès aux soins continuent de poser un défi majeur. Alors que certaines régions du Sénégal bénéficient d’infrastructures médicales avancées, d’autres restent largement sous-équipées. Cela soulève des questions sur la nécessité d’une approche plus inclusive et équitable en matière de santé.
Des études récentes montrent que le Sénégal doit renforcer son système de santé pour faire face à la demande croissante de soins spécialisés. Selon des données de l’Institut national de la statistique du Sénégal, le pays a un ratio de médecins pour 10 000 habitants qui reste inférieur à la moyenne régionale. De plus, le manque de ressources financières et humaines limite la capacité des établissements de santé à offrir des services de qualité. C’est dans ce contexte que les succès comme celui de Dalal Jamm prennent une signification particulière, mais ils doivent également servir de catalyseur pour des réformes nécessaires.
La deuxième greffe de moelle osseuse réussie au Sénégal est une avancée remarquable qui témoigne des capacités croissantes du système de santé national. Toutefois, il est impératif de garder à l’esprit que cette réussite ne doit pas occulter les défis persistants que rencontrent de nombreux patients. Pour que le Sénégal puisse véritablement progresser vers une souveraineté sanitaire, il est essentiel de garantir un accès équitable aux soins pour tous, indépendamment de leur situation géographique ou économique.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Diarra Bousso.
Mis en ligne : 03/01/2026
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