Marché africain du carbone : Un potentiel immense encore freiné par les règles - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 03/01/2026 02:01:00

Marché africain du carbone : Un potentiel immense encore freiné par les règles

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Le marché africain du carbone suscite un intérêt croissant, car il présente un potentiel considérable pour mobiliser des financements en faveur de la transition énergétique et de la préservation des écosystèmes. Les perspectives de revenus, mises en avant par l’Africa Carbon Markets Initiative (ACMI), soulignent la capacité du continent à générer des ressources significatives grâce aux crédits carbone.

Cependant, malgré cet avenir prometteur, les volumes échangés restent modestes et se concentrent dans quelques pays, tels que le Kenya, le Malawi et le Ghana, qui se distinguent par leur activité dans les mécanismes volontaires.

La diversité des cadres réglementaires constitue un obstacle majeur à l’émergence d’un marché intégré. Alors que certains États ont mis en place des registres nationaux et des procédures d’agrément, d’autres peinent avec des normes encore fragmentées. En 2023, le Kenya a pris l’initiative de publier un règlement visant à structurer la vente de crédits, renforçant ainsi la transparence des contrats et la part des revenus alloués aux communautés locales. De son côté, le Ghana a annoncé des dispositifs d’encadrement pour les transactions réalisées sous l’article 6 de l’Accord de Paris, en particulier dans le secteur forestier. D’autres pays, tels que le Sénégal et la Côte d’Ivoire, poursuivent leurs efforts pour consolider leur cadre juridique, afin d’aligner leurs projets carbone sur leurs priorités nationales.

Les méthodologies de mesure, de reporting et de vérification représentent un enjeu crucial. Des controverses ont émergé autour de certains projets REDD+, notamment en Afrique centrale, concernant la surestimation supposée des réductions d’émissions. Ces débats ont engendré une vigilance accrue des acheteurs internationaux, qui exigent des données plus fiables et une vérification indépendante rigoureuse. Ainsi, le renforcement des inventaires nationaux, l’amélioration de la télédétection et l’appui technique d’agences spécialisées deviennent des conditions indispensables pour restaurer la confiance et attirer des investisseurs exigeants.

Malgré ces défis, le marché volontaire continue d’évoluer, soutenu par une demande mondiale croissante pour des crédits issus de projets naturels tels que la reforestation, la conservation des mangroves ou la restauration des sols. Plusieurs pays africains cherchent à se positionner sur ces segments, où les coûts de séquestration sont généralement plus bas qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Les discussions régionales au sein de l’Union africaine visent également à éviter la course au moins-disant réglementaire et à promouvoir des standards communs, protégeant ainsi les États contre la sous-valorisation de leurs ressources environnementales.

L’avenir du marché africain du carbone repose sur la capacité à établir des règles crédibles, à garantir la qualité des données et à impliquer davantage les communautés dans les bénéfices financiers. Sans ces conditions, les ambitions affichées risquent de se heurter à un déficit de confiance. En revanche, si ces éléments sont réunis, ce marché pourrait devenir l’un des leviers les plus importants pour financer l’adaptation climatique et soutenir des modèles de croissance moins carbonés. L’engagement des acteurs locaux et la transparence des processus seront essentiels pour bâtir un environnement propice à l’investissement et à la durabilité.

En somme, le marché africain du carbone représente une opportunité unique pour le continent, à condition de surmonter les obstacles réglementaires et techniques qui l’entravent. La capacité à instaurer un cadre solide et fiable sera déterminante pour attirer les financements nécessaires à la transition énergétique et à la préservation des écosystèmes. Si ces défis sont relevés, l’Afrique pourrait non seulement contribuer à la lutte contre le changement climatique, mais également bénéficier d’un développement économique durable.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Antoine Ngom.
Mis en ligne : 03/01/202
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