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L’armée libanaise, institution perçue comme un pilier de l’unité nationale, fait face à des défis considérables qui ternissent son image. La crise économique qui frappe le Liban a engendré une dépendance accrue vis-à-vis des aides étrangères, notamment celles des États-Unis. Cette situation soulève des questions sur l’autonomie de l’armée et son rôle dans le processus de désarmement du Hezbollah, une mission qui lui est confiée par le gouvernement.
L’armée libanaise, forte d’environ 60 000 hommes, est souvent considérée comme l’une des rares institutions encore respectées par la population et la communauté internationale. Sa structure reflète la diversité confessionnelle du pays, avec des postes de commandement occupés principalement par des maronites et des druzes. Cependant, cette répartition confessionnelle, héritée du système politique libanais, peut également être perçue comme un facteur de fragilité. En période de crise, l’armée doit naviguer entre les attentes de la population et les pressions internationales, ce qui complique son action.
La crise économique au Liban a gravement affecté les capacités opérationnelles de l’armée. En raison de l’effondrement du pouvoir d’achat des militaires, l’institution a connu des départs volontaires et des désertions. Sans l’aide financière du Qatar, le paiement des salaires aurait été compromis. Cette situation met en lumière la vulnérabilité de l’armée face aux aléas économiques et à sa dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds étrangers, notamment les États-Unis, qui fournissent une grande partie de son matériel.
Les tensions entre l’armée libanaise et les États-Unis se sont intensifiées récemment. Le général Rodolphe Haykal, chef de l’armée, a dû annuler un voyage aux États-Unis en raison de critiques d’élus américains sur la lenteur de l’armée dans le désarmement du Hezbollah. Bien que l’armée affirme avoir complété près de 90 % de la première phase de ce processus, elle se montre prudente, craignant que des actions précipitées ne l’associent à Israël, ce qui pourrait nuire à sa légitimité et à sa cohésion interne.
Les liens étroits entre l’armée libanaise et les États-Unis soulèvent des préoccupations quant à son image en tant que force nationale. D’une part, l’armée est perçue comme un garant de la sécurité intérieure et de la défense des frontières. D’autre part, sa dépendance aux aides américaines et les critiques sur son efficacité dans le désarmement du Hezbollah peuvent nuire à sa réputation auprès de la population, qui pourrait la considérer comme une extension des intérêts étrangers plutôt que comme un symbole d’unité nationale.
L’analogie avec d’autres forces militaires dans des contextes similaires, comme l’armée irakienne après l’invasion américaine, illustre les risques associés à une dépendance excessive vis-à-vis d’un soutien étranger. Dans ce cadre, l’armée libanaise se trouve dans une position délicate, cherchant à maintenir sa légitimité tout en répondant aux attentes de ses partenaires internationaux.
L’image de l’armée libanaise comme force nationale est indéniablement ternie par ses liens avec des puissances étrangères, notamment les États-Unis. La perception de l’armée comme une institution indépendante est compromise par sa dépendance financière et matérielle. Les critiques concernant sa lenteur dans le désarmement du Hezbollah alimentent également des doutes sur sa capacité à agir en tant que force nationale souveraine. En privilégiant la « prudence » sur la « lenteur », l’armée cherche à préserver son intégrité, mais cela peut être interprété comme une faiblesse aux yeux de la population.
Des statistiques montrent qu’environ deux tiers des effectifs de l’armée sont musulmans, ce qui souligne la diversité au sein de l’institution. Cependant, cette diversité ne se traduit pas nécessairement par une unité d’action, surtout lorsque des enjeux politiques et confessionnels entrent en jeu. La nécessité de maintenir une image d’équilibre entre les différentes communautés peut également entraver l’efficacité des opérations militaires.
L’armée libanaise, bien qu’elle soit perçue comme un pilier de l’unité nationale, fait face à des défis qui compromettent son image. Sa dépendance aux aides étrangères, notamment des États-Unis, ainsi que les critiques sur son efficacité, soulignent les tensions internes et externes qui affectent son rôle. En cherchant à naviguer entre les attentes de la population et celles de ses partenaires internationaux, l’armée libanaise se retrouve dans une position délicate, où son autonomie et sa légitimité sont mises à l’épreuve.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ahmed Bachir.
Mis en ligne : 03/01/2026
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