Accord UE-Mercosur : Les agriculteurs pris en otage par la politique - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 05/01/2026 07:01:15

Accord UE-Mercosur : Les agriculteurs pris en otage par la politique

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Le 18 décembre, environ 7 300 agriculteurs européens ont exprimé leur mécontentement à Bruxelles à l’égard de l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur. Cette manifestation a eu lieu en parallèle d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, où la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le report de la signature de l’accord à janvier. Ce développement soulève des questions sur l’impact des décisions politiques sur les agriculteurs européens, souvent perçus comme les victimes de compromis inacceptables.

L’accord UE-Mercosur, en négociation depuis plus de 25 ans, vise à établir une zone de libre-échange entre l’Europe et plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Les agriculteurs européens craignent que cet accord n’entraîne une concurrence déloyale, notamment en raison des différences de réglementation environnementale et sociale entre les deux régions. Leurs préoccupations sont exacerbées par des réformes potentielles de la Politique agricole commune (PAC), qui pourraient réduire les subventions et la protection des producteurs locaux.

La manifestation à Bruxelles a été marquée par des incidents, tels que des pneus enflammés et des affrontements avec les forces de l’ordre, illustrant l’intensité du mécontentement parmi les agriculteurs. La police a estimé à 7 300 le nombre de participants, dont une cinquantaine de tracteurs, qui ont envahi le quartier européen. Les agriculteurs expriment des inquiétudes quant à l’impact de l’accord sur leurs revenus et leur avenir. Emmanuel Macron a déclaré : « Nous ne sommes pas prêts, le compte n’y est pas pour signer cet accord », soulignant les réticences de certains pays, dont la France et l’Italie, face à cet accord.

Les agriculteurs européens se sentent pris en otage par des décisions politiques qui semblent ignorer leurs intérêts. D’une part, l’accord pourrait favoriser l’importation de produits agricoles sud-américains, tels que la viande bovine et le soja, à des prix inférieurs, mettant ainsi en péril la viabilité des exploitations locales. D’autre part, les agriculteurs dénoncent une gestion inappropriée des crises sanitaires, comme l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, qui aggrave leur situation. Les différences de réglementation entre l’Europe et les pays du Mercosur soulèvent également des questions éthiques et environnementales, les agriculteurs européens étant soumis à des normes strictes, tandis que leurs concurrents sud-américains ne le sont pas toujours.

Les décisions politiques récentes, comme le report de la signature de l’accord UE-Mercosur, témoignent d’une incapacité à trouver un compromis qui prenne en compte les préoccupations des agriculteurs. Les demandes de report émanant de pays comme la France et l’Italie reflètent une volonté de protéger les intérêts locaux face à une concurrence jugée déloyale. Les agriculteurs européens, souvent en première ligne, ressentent les effets de ces compromis inacceptables, qui semblent privilégier des considérations économiques à court terme au détriment de la durabilité de leurs exploitations.

Des études montrent que l’accord pourrait augmenter les exportations de l’UE vers le Mercosur, notamment en véhicules et machines, mais les agriculteurs craignent que cela ne se fasse au prix de leur propre sécurité économique. Les préoccupations environnementales sont également au cœur du débat, avec des accusations de non-respect des normes par les pays sud-américains. En parallèle, la réforme de la PAC est perçue comme une menace supplémentaire, suscitant un sentiment de vulnérabilité parmi les agriculteurs, qui se mobilisent pour défendre leurs droits et leur avenir.

La situation des agriculteurs européens face à l’accord UE-Mercosur illustre les tensions entre intérêts économiques et protection des producteurs locaux. Leurs craintes légitimes, exacerbées par des décisions politiques perçues comme irresponsables, soulignent la nécessité d’un dialogue constructif pour parvenir à un compromis qui respecte les enjeux environnementaux et sociaux. Les événements récents à Bruxelles montrent que les agriculteurs, souvent pris en otage, méritent d’être entendus dans les discussions qui façonnent leur avenir.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Emilie F.
Mis en ligne : 04/01/2026

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