Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Éric Zemmour, figure controversée de la scène médiatique française, se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, non pas pour ses idées politiques, mais pour ses propos jugés racistes. Ce vendredi 19 décembre 2025, il comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris, accusé de « provocation publique à la haine » et d’« injure publique » envers la communauté sénégalaise. Ses déclarations, où il a affirmé que « tous les trafiquants de crack sont des Sénégalais », illustrent une tendance alarmante à réduire des individus à des stéréotypes déshumanisants, exacerbant ainsi les tensions raciales dans un climat déjà chargé.
L’affaire remonte à mai 2021, lors d’une émission sur CNews, où Zemmour a fait ces déclarations chocs. À l’époque, la réaction fut immédiate : indignation et colère se sont propagées au sein de la communauté sénégalaise et au-delà. La Maison des Potes, une association de lutte contre le racisme, a déposé plainte en mai 2022, arguant que le candidat à la présidentielle de 2022 avait sciemment désigné la communauté sénégalaise comme un « bouc émissaire ». Ce procès ne se limite pas à une simple question légale ; il soulève des enjeux sociétaux cruciaux sur la manière dont les discours médiatiques peuvent façonner l’opinion publique et stigmatiser des groupes entiers.
Zemmour, en tant que polémiste, incarne une forme de discours qui utilise la provocation pour capter l’attention. Ses propos ne sont pas isolés ; ils s’inscrivent dans une logique plus large de déshumanisation, où des individus sont réduits à des clichés simplistes. En affirmant que tous les trafiquants de crack sont des Sénégalais, il ne fait pas que stigmatiser une nationalité ; il renforce des stéréotypes qui ont des conséquences réelles sur la vie des gens. Ce type de rhétorique rappelle les discours historiques qui ont conduit à des discriminations systématiques, que ce soit contre les Juifs, les Roms ou d’autres minorités.
Les arguments contre Zemmour sont multiples et s’appuient sur des faits concrets. D’une part, les statistiques montrent que le trafic de drogue est un phénomène complexe qui ne peut être attribué à une seule nationalité. D’autre part, la stigmatisation d’un groupe entier sur la base des actions de quelques individus constitue une violation des principes d’égalité et de respect de la dignité humaine. En outre, des études ont démontré que les discours de haine et de division peuvent avoir des effets dévastateurs sur la cohésion sociale, créant un climat de méfiance et de peur.
Éric Zemmour, en tant que figure emblématique de cette déshumanisation, illustre comment des discours haineux peuvent s’infiltrer dans le discours public. En réduisant des individus à des clichés racistes, il ne fait pas que nuire à une communauté ; il s’attaque aux fondements mêmes de la société française, qui se veut inclusive et respectueuse de la diversité. Ses propos sont un appel à la division, à une vision manichéenne du monde où les « bons » et les « mauvais » sont définis par leur origine.
Des études sociologiques et des rapports d’organisations de défense des droits de l’homme mettent en lumière les effets corrosifs de la stigmatisation raciale. Des chiffres alarmants montrent une augmentation des actes racistes et des discriminations à l’encontre des Sénégalais en France depuis que Zemmour a commencé à tenir de tels discours. Ce phénomène n’est pas anodin : il s’agit d’une tendance inquiétante qui mérite d’être dénoncée avec force.
Les propos d’Éric Zemmour ne sont pas simplement des mots en l’air ; ils sont le reflet d’une attitude qui déshumanise des individus en les réduisant à des stéréotypes racistes. Ce procès est l’occasion de rappeler que la lutte contre la haine et la discrimination doit être une priorité. La société française doit s’interroger sur le type de discours qu’elle souhaite encourager, car chaque mot compte dans la construction d’un avenir commun.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Kader Diop.
Mis en ligne : 05/01/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





