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Le Président de la République a atterri à l’aéroport de Cap Skirring, marquant le début d’une tournée économique dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou, prévue du 20 au 25 décembre. Cette initiative est saluée par Alioune Tine, qui considère cette visite comme une étape nécessaire pour aborder les défis de la région. Toutefois, le discours d’Alioune Tine sur la Casamance pourrait masquer des problèmes socio-économiques plus profonds qui perdurent depuis des décennies.
La Casamance, région du sud du Sénégal, est connue pour sa richesse en ressources naturelles et sa diversité culturelle. Malgré ces atouts, elle fait face à des défis socio-économiques majeurs, notamment un taux de pauvreté élevé, un accès limité aux infrastructures et des conflits historiques. La visite du Président et les propositions d’Alioune Tine visent à revitaliser cette région, mais ces efforts soulèvent des questions sur leur efficacité face à des problèmes structurels ancrés.
Alioune Tine met en avant l’importance de la tournée présidentielle pour écouter les préoccupations des populations concernant le plan Diomaye, qui vise à développer la Casamance. Cependant, les déclarations de Tine semblent minimiser les difficultés économiques persistantes. Par exemple, selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le taux de chômage dans la région est supérieur à la moyenne nationale, atteignant près de 15 % en 2022. De plus, l’infrastructure routière, bien que souvent citée comme un axe de développement, reste insuffisante pour soutenir une véritable industrialisation.
Les propos d’Alioune Tine, qui plaide pour faire de Ziguinchor la capitale économique du Sénégal, doivent être mis en perspective avec les réalités économiques locales. Les investissements dans les infrastructures sont essentiels, mais leur mise en œuvre a souvent été entravée par des problèmes de gouvernance et de corruption. Par ailleurs, l’idée de faire de la Casamance un centre de souveraineté alimentaire semble peu réaliste sans une stratégie claire pour surmonter les obstacles agricoles existants, tels que l’accès à l’eau et aux marchés.
Le discours d’Alioune Tine, bien qu’ambitieux, peut donner l’illusion que des solutions simples existent pour des problèmes complexes. Les défis socio-économiques de la Casamance, tels que la migration de la jeunesse vers les grandes villes et l’exode rural, nécessitent une approche intégrée et durable. En se concentrant sur des projets d’infrastructure, on risque d’ignorer les besoins fondamentaux des populations, tels que l’éducation et la santé, qui sont tout aussi cruciaux pour un développement harmonieux.
Des études montrent que les investissements dans l’éducation et la formation professionnelle pourraient avoir un impact significatif sur l’économie locale. Selon un rapport de la Banque mondiale, chaque année supplémentaire de scolarité augmente le revenu des individus de 10 %. Ainsi, en parallèle des projets d’infrastructure, il serait pertinent d’envisager des programmes d’éducation et de formation adaptés aux besoins du marché local.
La tournée économique du Président et les propositions d’Alioune Tine soulèvent des enjeux importants pour la Casamance. Cependant, il est essentiel de ne pas perdre de vue les problèmes socio-économiques profonds qui requièrent une attention soutenue. Une approche holistique et inclusive est nécessaire pour garantir que les initiatives de développement répondent véritablement aux besoins des populations et favorisent un avenir durable pour la région.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Alphonse Badji.
Mis en ligne : 05/01/2026
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