Commission d’enquête en Israël : Quand le juge devient l’accusé - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 06/01/2026 08:01:45

Commission d’enquête en Israël : Quand le juge devient l’accusé

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La nomination de Benyamin Netanyahu à la tête de la commission d’enquête sur le massacre du 7 octobre suscite des interrogations éthiques majeures. Cette situation soulève des doutes quant à l’impartialité et à l’intégrité du processus judiciaire en Israël. En effet, confier à un Premier ministre, dont la responsabilité pourrait être engagée, le soin de diriger une enquête sur des événements tragiques pose un problème de fond qui mérite une attention particulière.

Le 7 octobre 2023, Israël a été frappé par une attaque dévastatrice du Hamas, entraînant la mort de nombreux civils et des conséquences dramatiques pour le pays. Dans ce contexte, le gouvernement israélien a décidé de créer une commission d’enquête. Cependant, plutôt que de nommer une autorité indépendante, la coalition au pouvoir a opté pour une commission qui, de facto, est sous son contrôle. Ce choix est perçu par l’opposition et les familles de victimes comme une manœuvre pour éviter une véritable transparence et un examen impartial des événements.

La nomination de Netanyahu à la tête de cette commission est problématique à plusieurs niveaux. D’une part, elle soulève des questions sur la séparation des pouvoirs, principe fondamental de toute démocratie. D’autre part, elle remet en cause la confiance du public dans la capacité de cette commission à mener une enquête objective. Yair Lapid, chef de l’opposition, a qualifié cette démarche de « commission de camouflage », dénonçant ainsi une tentative de dissimuler les responsabilités. Les critiques ne se limitent pas aux politiciens ; plus de 200 ex-otages et proches de victimes ont également exprimé leur indignation, qualifiant cette nomination de « blanchiment » politique.

Des sondages révèlent que plus de 70 % des Israéliens souhaitent une commission nationale d’enquête indépendante. Ce chiffre témoigne d’un besoin urgent de transparence et de responsabilité. Les précédentes commissions d’enquête en Israël, comme celle mise en place après la guerre de 1973, ont démontré l’importance d’une investigation impartiale. À l’époque, la commission avait conduit à la démission de la Première ministre Golda Meir, illustrant que la vérité peut émerger même des situations les plus délicates. En revanche, la situation actuelle semble s’orienter vers un déni de responsabilité, où ceux qui devraient être investigués choisissent leurs propres enquêteurs.

La nomination de Netanyahu soulève des questions éthiques alarmantes sur la justice en Israël. En permettant à un individu potentiellement impliqué dans les événements d’en diriger l’enquête, le gouvernement semble compromettre l’intégrité du processus judiciaire. Cette situation rappelle d’autres cas où des gouvernements ont tenté de contrôler les enquêtes pour éviter des conséquences politiques. L’absence d’une commission indépendante pourrait renforcer la perception d’une justice à deux vitesses, où les puissants échappent à la responsabilité.

L’absence d’une commission d’enquête indépendante pourrait également avoir des répercussions à long terme sur la société israélienne. La défiance croissante envers les institutions pourrait alimenter un climat de méfiance et de division. Les précédents historiques montrent que les enquêtes biaisées peuvent entraîner des crises de légitimité pour les gouvernements. De plus, la communauté internationale observe attentivement la manière dont Israël gère cette crise. Une enquête perçue comme partiale pourrait nuire à l’image du pays sur la scène internationale et exacerber les tensions internes.

La situation actuelle en Israël, marquée par la nomination de Netanyahu à la tête de la commission d’enquête, met en lumière des enjeux éthiques cruciaux. L’absence d’une enquête indépendante risque de miner la confiance du public dans les institutions et de compromettre le principe fondamental de justice. Les conséquences de cette décision pourraient s’étendre bien au-delà de la crise immédiate, affectant durablement la perception de la justice en Israël.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Diop Fall.
Mis en ligne : 06/01/2026

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