La continuité des erreurs : Le Sénégal à la croisée des chemins - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 06/01/2026 12:01:00

La continuité des erreurs : Le Sénégal à la croisée des chemins

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La question de la transparence des comptes publics au Sénégal suscite des débats intenses. Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Macky Sall est accusé d’avoir manipulé les chiffres de la dette publique, en fournissant des données erronées au Fonds monétaire international (FMI). Cependant, cette pratique n’est pas nouvelle. En scrutant les archives des finances publiques, on découvre que des méthodes similaires ont été employées sous le régime d’Abdou Diouf dans les années 80.

L’ouvrage « La construction de l’État au Sénégal », publié en 2002 par Donald Cruise O’Brien, Momar-Coumba Diop et Mamadou Diouf, met en lumière un programme d’ajustement des comptes publics mis en œuvre entre 1985 et 1992. À cette époque, la Banque mondiale avait déjà exprimé des réserves quant à la volonté du gouvernement de Diouf de respecter les engagements pris. Les auteurs soulignent que le régime se concentrait davantage sur l’apparence des réformes que sur leur substance. Ce manque d’engagement a conduit à des pratiques de maquillage et de dissimulation des indicateurs économiques, permettant au pouvoir central sénégalais d’accéder à des ressources extérieures tout en négligeant des engagements cruciaux.

Les conséquences de ces manœuvres ont été lourdes. Au début des années 1990, le Sénégal était perçu par les bailleurs de fonds comme un « appareil monstrueux et parasitaire ». Les accusations de mauvaise gestion des ressources publiques, d’un train de vie excessif et de corruption étaient monnaie courante. Ces critiques ont entraîné des relations tendues entre le régime de Diouf et la Banque mondiale, culminant en 1993 avec l’adoption de mesures d’austérité drastiques, telles que la réduction des salaires des fonctionnaires, à travers le plan Sakho-Loum.

Aujourd’hui, la situation des finances publiques au Sénégal rappelle cette époque trouble. Les relations avec le FMI sont également marquées par des tensions, mais cette fois-ci, ce n’est pas une institution de Bretton Woods qui critique le gouvernement, mais le régime de Pastef, successeur de l’APR. Malgré cela, les accusations de manipulation de la dette ont été largement corroborées par le FMI, soulignant une continuité troublante dans la gestion des finances publiques. Alors que le régime de Diouf devait faire face à ses propres erreurs, le tandem Diomaye-Sonko se retrouve à répondre des actes de Macky Sall.

L’absence d’accord avec le FMI et le refus du gouvernement d’envisager une restructuration de la dette soulèvent des inquiétudes quant à un éventuel ajustement structurel, similaire à celui des années 90. Bien que, pour l’instant, les salaires des fonctionnaires ne soient pas encore touchés, de nombreux avantages sont en train d’être remis en question. La fermeture du restaurant de la RTS et la réduction des bourses pour les étudiants en master en sont des exemples frappants. De plus, des restrictions sur les voyages des agents de l’État témoignent d’une pression croissante sur les finances publiques.

L’analyse des pratiques financières au Sénégal met en lumière une dynamique préoccupante. Les répétitions historiques de ces manœuvres de dissimulation soulèvent des questions sur la capacité des gouvernements successifs à apprendre des erreurs du passé. La gestion des finances publiques ne peut pas se limiter à des ajustements cosmétiques ; elle nécessite une approche sérieuse et transparente, qui prenne en compte les réalités économiques du pays.

Les enjeux autour des comptes publics au Sénégal sont cruciaux. La nécessité d’une gestion transparente et responsable des finances publiques est plus pressante que jamais. Alors que le pays navigue à travers des eaux troubles, il est essentiel de tirer les leçons du passé pour éviter de répéter les erreurs qui ont conduit à des crises économiques. Le Sénégal doit s’engager sur la voie de la transparence et de la responsabilité pour assurer un avenir meilleur à ses citoyens.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/01/202
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