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Le Président Bassirou Diomaye Faye a récemment lancé un appel à la paix à l’attention des combattants du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) lors d’une tournée économique dans le sud du Sénégal. Son discours, prononcé à Dar Salam, a mis en avant l’importance de déposer les armes pour favoriser le développement de la région de Ziguinchor. Cependant, cet optimisme affiché semble en décalage avec la réalité complexe qui prévaut sur le terrain en Casamance, où les tensions et les conflits persistent.
Le conflit en Casamance, qui dure depuis plusieurs décennies, a engendré des souffrances considérables pour la population locale. Ce territoire, riche en ressources naturelles et en potentiel économique, a été entravé par des violences récurrentes et des déplacements de populations. Malgré les efforts précédents pour instaurer la paix, la situation demeure fragile, avec des factions du MFDC continuant à revendiquer l’autonomie de la région. Dans ce contexte, le discours du Président Diomaye Faye vise à encourager une réconciliation, mais il soulève des interrogations sur la faisabilité d’une telle démarche.
Le Chef de l’État a souligné que « la paix vaut tous les sacrifices », une déclaration qui résonne avec l’espoir d’un avenir meilleur pour la Casamance. Toutefois, les réalités sur le terrain montrent une situation plus nuancée. Les récentes escalades de violence dans certaines zones témoignent d’une résistance persistante au sein des groupes armés. Par exemple, des affrontements entre forces gouvernementales et éléments du MFDC ont été signalés, illustrant les défis auxquels le gouvernement fait face pour établir un dialogue constructif.
Les promesses de développement économique, telles que celles liées à l’Agropole Sud, visent à revitaliser la région. Cependant, ces initiatives risquent de rester lettre morte si la paix n’est pas véritablement instaurée. Les investissements dans les infrastructures et l’industrie, bien que nécessaires, ne peuvent remplacer le besoin urgent de sécurité et de stabilité. En outre, des études montrent que les régions touchées par des conflits prolongés, comme la Casamance, subissent des retards significatifs dans leur développement socio-économique.
L’optimisme du Président Diomaye Faye, bien qu’encourageant, semble déconnecté des préoccupations vécues par les habitants de la Casamance. Les promesses de paix et de prospérité doivent être accompagnées d’actions concrètes pour désarmer les groupes armés et engager un dialogue réel avec les acteurs concernés. La perception d’un manque de progrès tangible peut alimenter le cynisme parmi les populations locales, qui ont vu de nombreuses promesses non tenues par le passé.
Des statistiques récentes indiquent que la Casamance a connu une hausse des déplacements internes, avec près de 20 000 personnes forcées de fuir leurs foyers en raison de la violence en 2022. Cette situation aggrave les conditions de vie, rendant difficile l’accès aux services de base tels que l’éducation et la santé. De plus, les efforts de médiation et de réconciliation, bien que louables, doivent être soutenus par des mesures concrètes pour répondre aux besoins des populations affectées.
Le discours du Président Diomaye Faye représente une volonté de tourner la page du conflit en Casamance, mais il doit être soutenu par des actions réelles pour instaurer un climat de confiance. La paix et le développement de cette région dépendent d’une approche holistique qui prend en compte les réalités du terrain et les aspirations des populations locales. L’avenir de la Casamance repose sur la capacité du gouvernement à transformer cet optimisme en résultats tangibles pour ses habitants.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aissatou S.
Mis en ligne : 06/01/2026
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