Le rapport 2024 de l'Itie : Un mirage pour les populations locales - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 07/01/2026 03:01:30

Le rapport 2024 de l'Itie : Un mirage pour les populations locales

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L’initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) a récemment publié son rapport 2024, révélant que le secteur extractif a généré 455,9 milliards de francs CFA, marquant une augmentation significative par rapport aux 380 milliards de francs CFA de l’année précédente. Bien que ces chiffres témoignent d’une croissance économique notable, ils soulèvent des questions quant à leur impact sur les populations locales, qui continuent de vivre dans la pauvreté.

Le secteur extractif, qui comprend principalement l’exploitation minière et la production d’hydrocarbures, joue un rôle crucial dans l’économie de nombreux pays. Au Sénégal, par exemple, le secteur minier a contribué à hauteur de 369,6 milliards de francs CFA, tandis que les hydrocarbures ont généré 77,7 milliards de francs CFA. En dépit de ces revenus élevés, la réalité sur le terrain est souvent différente, avec des communautés locales qui ne bénéficient pas des retombées économiques de ces activités.

Le rapport de l’Itie indique que 435,8 milliards de francs CFA ont été directement affectés au budget de l’État, contre 346,1 milliards de francs CFA en 2023, soit une augmentation de 89,7 milliards de francs CFA. Ces chiffres semblent prometteurs, mais ils cachent une réalité plus sombre. La contribution du secteur extractif au produit intérieur brut (PIB) est de 4,9 %, tandis que sa part dans les recettes de l’État atteint 11,9 %. Cependant, cette richesse ne se traduit pas nécessairement par une amélioration des conditions de vie des populations locales.

Les paiements sociaux, qui s’élèvent à 6,6 milliards de francs CFA, et les paiements environnementaux de 1,9 milliard de francs CFA, bien qu’importants, semblent dérisoires comparés aux sommes générées par le secteur. En effet, malgré une contribution significative aux exportations, représentant 31,3 %, les bénéfices ne se répercutent pas sur les communautés touchées par l’exploitation des ressources. De nombreuses études montrent que les régions riches en ressources naturelles sont souvent confrontées à des niveaux de pauvreté plus élevés que les autres, un paradoxe connu sous le nom de « malédiction des ressources ».

La hausse des revenus du secteur extractif ne profite pas aux populations locales, qui restent dans la pauvreté. Les revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles ne sont pas toujours réinvestis dans des projets de développement local. Par exemple, des infrastructures essentielles comme l’éducation et la santé restent sous-financées, laissant les communautés vulnérables sans les soutiens nécessaires pour améliorer leur qualité de vie. Les inégalités persistent, et les bénéfices de la richesse extractive sont souvent accaparés par une élite restreinte.

Des enquêtes menées dans plusieurs régions du pays montrent que, malgré l’afflux de fonds dans les caisses de l’État, les conditions de vie des populations ne s’améliorent pas. Selon des données récentes, plus de 40 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté, et les taux de chômage demeurent élevés. Les communautés locales expriment souvent leur frustration face à un manque de transparence et à l’absence de retombées économiques tangibles.

Le rapport 2024 de l’Itie met en lumière une réalité économique complexe. Bien que le secteur extractif génère des revenus considérables pour l’État, ces bénéfices ne se traduisent pas par une amélioration des conditions de vie des populations locales. Les données révèlent une disparité frappante entre la richesse générée et la pauvreté persistante, soulignant la nécessité d’une réforme pour garantir que les ressources naturelles profitent réellement à ceux qui vivent à proximité des sites d’exploitation.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Soukeyna Fall.
Mis en ligne : 07/01/2026

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