Importation de races améliorées : Une menace pour l'élevage local - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Maimouna | Publié le 09/01/2026 11:01:45

Importation de races améliorées : Une menace pour l'élevage local

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Le Sénégal a récemment franchi une étape significative dans la modernisation de son élevage avec l’arrivée de 1 050 bovins d’élite de deuxième génération Guzera, annoncée par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du GEPES, vise à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Toutefois, il est essentiel de se demander si cette avancée répond réellement aux besoins des éleveurs locaux et si elle peut véritablement transformer le secteur.

L’élevage au Sénégal joue un rôle crucial dans l’économie rurale, représentant une source de revenus et de sécurité alimentaire pour de nombreuses familles. Le cheptel national est composé principalement de races locales, qui souffrent souvent de faibles rendements en termes de production laitière et de viande. La récente opération d’importation de bovins Guzera, qui comprend 400 géniteurs et 650 génisses, a été rendue possible grâce à une subvention de 50 % de l’État, une première depuis les années 1970. Cette subvention témoigne d’un engagement gouvernemental fort, mais elle soulève également des questions sur la durabilité de cette approche.

Malgré les intentions positives affichées par les autorités, la question demeure : cette importation de races améliorées répond-elle aux véritables besoins des éleveurs sénégalais ? Il est important de noter que l’amélioration génétique ne suffit pas à garantir la réussite de l’élevage. Les éleveurs doivent également bénéficier de formations adéquates, d’un accès aux soins vétérinaires et d’infrastructures adaptées. Sans ces éléments fondamentaux, les nouvelles races pourraient ne pas s’adapter aux conditions locales, rendant ainsi cet effort vain.

Les défis auxquels font face les éleveurs sénégalais sont multiples. D’une part, la dépendance à l’importation de races améliorées peut créer une vulnérabilité économique, rendant les éleveurs tributaires des fluctuations des marchés internationaux. D’autre part, les races locales, bien adaptées aux conditions climatiques et alimentaires du Sénégal, pourraient être négligées. Une étude menée en 2022 a révélé que les éleveurs qui combinaient des pratiques traditionnelles avec des améliorations génétiques obtenaient de meilleurs résultats en termes de productivité et de résilience.

L’avenir de l’élevage sénégalais pourrait facilement devenir un mirage si les véritables besoins des éleveurs ne sont pas pris en compte. L’importation de bovins d’élite, bien qu’elle soit un pas en avant, ne doit pas occulter les défis structurels auxquels le secteur est confronté. Les éleveurs ont besoin d’un soutien global qui inclut l’accès à des formations, des infrastructures adéquates et des soins vétérinaires. En effet, l’absence de ces éléments pourrait compromettre la pérennité de l’élevage au Sénégal.

Pour renforcer l’argumentation, il est pertinent de mentionner que le secteur de l’élevage au Sénégal a un potentiel inexploité. Selon des données de la FAO, le pays pourrait augmenter sa production laitière de 30 % en améliorant les pratiques d’élevage et en investissant dans des formations pour les éleveurs. De plus, des initiatives locales, telles que des coopératives d’éleveurs, ont montré des résultats prometteurs en matière de productivité et de rentabilité.

L’importation de bovins Guzera représente une avancée significative pour l’élevage sénégalais, mais elle ne doit pas occulter les véritables besoins des éleveurs. Un soutien holistique, qui englobe l’éducation, les infrastructures et la valorisation des races locales, est essentiel pour garantir un avenir durable. Le succès de cette initiative dépendra de la capacité des autorités à répondre aux défis structurels du secteur, afin de transformer réellement l’élevage au Sénégal en un modèle performant et résilient.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/01/2026

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