FMI-Côte d’Ivoire : Quand les chiffres masquent la réalité sociale - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Maimouna | Publié le 10/01/2026 12:01:30

FMI-Côte d’Ivoire : Quand les chiffres masquent la réalité sociale

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La récente annonce du déblocage de 840 millions de dollars par le FMI pour la Côte d’Ivoire, saluée comme un symbole de discipline économique, cache en réalité des inégalités croissantes et des difficultés sociales persistantes. Derrière les chiffres flatteurs se dessine un tableau moins reluisant, où les promesses de prospérité ne parviennent pas à masquer les fractures profondes de la société ivoirienne.

La Côte d’Ivoire, souvent présentée comme un modèle de stabilité économique en Afrique de l’Ouest, a effectivement connu des progrès notables en matière de croissance. Cependant, cette embellie s’accompagne d’une réalité troublante : des disparités économiques qui se creusent et une population de plus en plus laissée pour compte. Les réformes saluées par le FMI, bien qu’essentielles, semblent davantage servir une façade de réussite que répondre aux besoins fondamentaux des Ivoiriens. L’accord MEDC-FEC, signé en mai 2023, a certes permis de réduire les déséquilibres budgétaires, mais à quel prix pour les plus vulnérables ?

L’analyse des données économiques révèle une croissance projetée à 6,3 % pour 2025, mais cette statistique ne raconte qu’une partie de l’histoire. Les secteurs secondaire et tertiaire, moteurs de cette croissance, profitent principalement à une élite, tandis que les couches les plus pauvres de la population continuent de lutter pour satisfaire leurs besoins quotidiens. L’inflation maîtrisée, annoncée à 1 %, semble être un leurre lorsque l’on considère le coût de la vie qui pèse de plus en plus sur les ménages. Les réformes structurelles, bien qu’importantes, ne font que masquer un malaise social grandissant.

Les chiffres avancés par le FMI, tels que la prévision d’un déficit budgétaire contenu à 3 % du PIB, peuvent séduire les investisseurs, mais ils ne tiennent pas compte des réalités vécues par les Ivoiriens. La pression fiscale envisagée à 20 % du PIB, censée soutenir les dépenses sociales et les infrastructures, risque de frapper de plein fouet les classes moyennes et inférieures, déjà éprouvées. La promesse d’une autonomisation des femmes et d’une inclusion financière sonne comme une douce mélodie dans un paysage économique où l’accès aux ressources reste largement inégal.

La discipline économique vantée par le FMI est une façade qui dissimule des inégalités croissantes. Les efforts pour rationaliser les exonérations fiscales et améliorer la transparence des finances publiques ne suffisent pas à apaiser les tensions sociales. Les réformes, qui devraient viser à réduire l’informalité et à promouvoir une croissance inclusive, semblent se heurter à des intérêts bien ancrés. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, bien que nécessaire, ne doit pas occulter les véritables défis auxquels la population est confrontée.

En effet, les chiffres du FMI cachent une réalité alarmante : selon des études récentes, près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les jeunes, qui représentent une part significative de la démographie, sont souvent exclus des opportunités d’emploi, exacerbant ainsi le sentiment d’injustice. Les investissements dans le capital humain, bien que louables, peinent à se traduire par des résultats tangibles. La promesse d’une transition climatique, qui devrait accompagner la croissance, est souvent perçue comme une préoccupation secondaire face à des urgences sociales pressantes.

En somme, la discipline économique célébrée par le FMI en Côte d’Ivoire est un miroir déformant qui reflète une prospérité inégalement répartie. Les inégalités croissantes et les difficultés sociales persistantes sont les véritables ombres qui planent sur cette prétendue réussite. L’illusion d’une économie florissante doit être déconstruite pour faire place à une réalité plus nuancée, où chaque Ivoirien mérite d’être entendu et soutenu dans sa quête de dignité et de bien-être.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Diop.
Mis en ligne : 10/01/202
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