Démêler le vrai du faux : L'analyse des déclarations de Cheikh Diba - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 14/01/2026 05:01:45

Démêler le vrai du faux : L'analyse des déclarations de Cheikh Diba

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Les récentes déclarations de Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, lors de l’examen de la deuxième loi de finances rectificative pour 2025, soulèvent des interrogations quant à la véritable nature des arbitrages budgétaires effectués. Les chiffres avancés, bien que flatteurs, masquent une réalité plus complexe où la justification des choix budgétaires semble davantage être une tentative de légitimation qu’une véritable stratégie de développement. L’assemblée, par son vote quasi unanime, semble avoir avalisé un discours qui mérite d’être examiné avec un regard critique.

Le cadre budgétaire du Sénégal se trouve en constante évolution, soumis à des pressions internes et externes. Diba a mis en avant des performances de recouvrement impressionnantes, atteignant 99,5 %, pour justifier les écarts de recettes estimés à 137 milliards de FCFA. Toutefois, cette assertion soulève des questions sur la durabilité de ces résultats et sur la capacité réelle à répondre aux besoins croissants des citoyens. L’absence de programme avec le FMI et la diminution des dons budgétaires sont également des indicateurs préoccupants qui, loin de nuire à l’image du pays, semblent plutôt masquer des fragilités structurelles.

L’analyse des propos de Cheikh Diba révèle une dichotomie entre les chiffres avancés et la réalité économique du pays. Bien que le ministre évoque un travail de transparence renforçant la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale, il est essentiel de se demander si cette transparence ne sert pas de façade à des choix budgétaires discutables. En effet, le remaniement ministériel et le transfert de crédits vers de nouveaux ministères, bien qu’annoncés comme nécessaires, peuvent être perçus comme une réorganisation opportuniste plutôt qu’une réponse réfléchie aux défis économiques.

Les dépenses prioritaires mentionnées par Diba, telles que les bourses étudiantes et l’augmentation des crédits pour les forces armées, illustrent une répartition des ressources qui pourrait sembler déséquilibrée. Pourquoi privilégier certaines catégories au détriment d’autres secteurs, tels que la santé ou l’éducation, qui souffrent d’un manque chronique de financement ? Les ajustements budgétaires, loin de constituer une stratégie de développement, apparaissent comme des mesures réactives face à une pression immédiate, sans vision à long terme. Comparativement, d’autres pays de la région ont su établir des programmes de financement plus cohérents et durables, intégrant des mécanismes d’ajustement proactifs.

La justification des nouveaux arbitrages budgétaires, loin d’être une réponse adaptée aux défis économiques du pays, semble davantage une excuse pour légitimer des choix discutables. Les déclarations de Diba, bien que teintées d’optimisme, cachent une réalité où les décisions sont prises dans l’urgence, sans véritable réflexion sur les impacts à long terme. La promesse d’un programme avec le FMI, fondée sur des statistiques corrigées, apparaît comme un ultime recours pour redorer le blason d’une gestion budgétaire mise à mal.

En approfondissant cette analyse, il est pertinent de noter que les mécanismes de mobilisation des ressources extérieures, évoqués par Diba, ne doivent pas occulter les risques liés à une dépendance accrue aux financements extérieurs. La gestion des crédits et des engagements, bien que rigoureuse, doit être mise en perspective avec la nécessité d’une autonomie financière. Les exemples de pays ayant réussi à diversifier leurs sources de financement montrent que la clé réside dans une stratégie intégrée, et non dans des ajustements ponctuels.

Les propos de Cheikh Diba, bien qu’encadrés par des chiffres flatteurs, révèlent une gestion budgétaire qui frôle l’improvisation. Les arbitrages effectués, présentés comme des choix éclairés, semblent davantage être des réponses à une pression immédiate qu’une vision claire pour l’avenir. Le Sénégal, pour espérer un développement durable, doit impérativement revoir sa stratégie budgétaire, en intégrant une approche plus systémique et moins réactive, afin d’éviter de tomber dans le piège des justifications sans substance.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Modou Kane.
Mis en ligne : 14/01/202
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