Me Aïssata Tall Sall secoue l’Assemblée : Critique ou manœuvre politique ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 15/01/2026 12:01:00

Me Aïssata Tall Sall secoue l’Assemblée : Critique ou manœuvre politique ?

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L’intervention de Me Aïssata Tall Sall à l’Assemblée nationale a suscité des réactions mitigées. En critiquant le ministre des Finances, Cheikh Diba, elle a mis en lumière des lacunes dans la gestion budgétaire du gouvernement. Mais derrière cette verve se cache-t-il une véritable analyse, ou s’agit-il d’une manœuvre politique habile pour marquer des points dans un contexte électoral ?

La seconde loi de finances rectificative (LFR) est un sujet brûlant, révélateur des tensions au sein de l’Assemblée. Les délais serrés imposés aux députés pour examiner un document complexe de 46 pages en à peine deux heures soulèvent des questions sur le respect des processus démocratiques. Me Tall Sall a dénoncé ces conditions, qualifiant les députés d’« humains » face à une exigence démesurée. Mais au-delà de la forme, c’est le fond qui interpelle : des baisses alarmantes dans les recettes fiscales et non fiscales, ainsi qu’une chute des dons en capital.

Les chiffres avancés par Me Tall Sall sont éloquents : une baisse de 21 milliards sur les recettes fiscales, 24 milliards pour les recettes non fiscales, et près de 80 milliards de moins sur les dons en capital. Ces chiffres, qui parlent d’eux-mêmes, laissent entrevoir une gestion budgétaire chaotique. « Rien que des baisses alors que vous avez tout taxé dans votre loi de finances initiale ! » s’exclame-t-elle, et cette assertion résonne comme un cri d’alarme. La question qui se pose est : comment le gouvernement a-t-il pu en arriver là, alors qu’il avait promis une gestion rigoureuse des finances publiques ?

L’ancienne garde des Sceaux ne se contente pas de pointer du doigt les chiffres. Elle aborde également la question de la dette « cachée », un sujet délicat qui ternit l’image du Sénégal sur la scène internationale. En prenant soin de dédouaner les fonctionnaires du ministère des Finances, elle souligne un point crucial : ce ne sont pas les agents qui sont en cause, mais bien la direction politique qui a failli. Cette situation a, selon elle, entraîné une contraction des dons et une érosion de la confiance envers le pays. À l’heure où les ressources extérieures se font rares, cette perte de crédibilité pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’économie du Sénégal.

L’intervention de Me Tall Sall semble davantage être une attaque politique qu’une véritable analyse constructive. En s’attaquant frontalement au ministre des Finances, elle cherche à capter l’attention et à galvaniser ses troupes. Cette stratégie, efficace pour marquer des points à court terme, ne fait cependant pas avancer le débat sur les véritables enjeux budgétaires. En adoptant une posture combative, elle risque de passer à côté d’une opportunité d’engager un dialogue constructif sur les solutions à apporter aux problèmes soulevés.

Les chiffres avancés par Me Tall Sall ne sont pas que des statistiques. Ils révèlent un tableau inquiétant de la situation économique du pays. En effet, la baisse des recettes fiscales et des dons en capital pourrait avoir des répercussions sur les investissements publics, la santé et l’éducation, des secteurs déjà sous pression. En parallèle, la question de la dette « cachée » soulève des interrogations sur la transparence et la responsabilité des acteurs politiques. Dans un contexte où chaque franc compte, la confiance des partenaires internationaux est plus que jamais cruciale.

Les critiques formulées par Me Aïssata Tall Sall mettent en lumière des problèmes réels et préoccupants au sein de la gestion budgétaire du gouvernement. Cependant, la forme de son intervention, plus axée sur l’attaque que sur l’analyse constructive, soulève des doutes sur ses véritables intentions. En fin de compte, le Sénégal mérite un débat plus profond et éclairé sur ses finances publiques, loin des querelles politiciennes.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Moussa Dione.
Mis en ligne : 15/01/202
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