Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
La reconnaissance du Somaliland par Israël, annoncée le 30 décembre 2023, a suscité des réactions vives tant sur le plan local qu’international. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré que cette région séparatiste, qui s’est autoproclamée indépendante de la Somalie en 1991, est désormais reconnue comme un « État souverain ». Cette décision est perçue par de nombreux observateurs comme un acte provocateur, susceptible d’attiser les tensions en Afrique, notamment en raison des implications géopolitiques et des réactions des pays voisins.
Le Somaliland, bien que n’ayant jamais été reconnu par la communauté internationale, a établi des structures gouvernementales, une monnaie et des forces de sécurité distinctes, se distinguant ainsi de la Somalie, qui fait face à des conflits internes et à l’insurrection des shebabs. La déclaration israélienne intervient dans un contexte de tensions politiques en Afrique de l’Est, où la question de la souveraineté nationale est particulièrement sensible. Le gouvernement somalien, dirigé par le président Hassan Cheikh Mohamoud, a qualifié cette reconnaissance d’illégitime et a exprimé de vives préoccupations quant à la sécurité régionale.
La décision d’Israël de reconnaître le Somaliland pourrait être interprétée comme un soutien à un mouvement sécessionniste, ce qui pourrait encourager d’autres mouvements similaires à travers le continent africain. Le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, a défendu cette position en affirmant que personne ne devrait dicter à Israël ses relations diplomatiques. Cette déclaration, bien que visant à affirmer l’autonomie d’Israël sur la scène internationale, pourrait également être perçue comme une provocation envers les pays africains qui soutiennent l’intégrité territoriale de la Somalie.
Les manifestations qui ont suivi cette annonce, avec des milliers de Somaliens dans les rues de Mogadiscio, témoignent de la colère et de l’inquiétude face à cette reconnaissance. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a également critiqué cette décision, la qualifiant de menace pour la sécurité régionale, renforçant ainsi l’idée que cette action pourrait avoir des répercussions plus larges sur la stabilité de l’Afrique de l’Est.
Les critiques formulées par des acteurs tels que l’Union africaine et l’Union européenne soulignent l’importance de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale, des principes fondamentaux qui sont souvent remis en question par des actions unilatérales comme celle d’Israël. La reconnaissance du Somaliland pourrait créer un précédent dangereux, incitant d’autres régions à revendiquer des indépendances similaires, ce qui risque de déstabiliser encore davantage des pays déjà fragilisés par des conflits internes.
D’autre part, le soutien des États-Unis à cette décision, bien qu’il ne se traduise pas encore par une reconnaissance officielle, indique une dynamique géopolitique qui pourrait influencer d’autres nations à suivre le mouvement. Cette situation met en lumière les tensions entre les alliances traditionnelles et les nouvelles réalités politiques en Afrique.
Dans ce contexte, la reconnaissance du Somaliland par Israël est perçue comme un acte provocateur. Elle remet en cause les efforts de paix et de stabilisation en Afrique de l’Est, où la Somalie lutte pour sa souveraineté et la reconstruction de son État. Les manifestations à Mogadiscio, où les citoyens ont exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien tout en dénonçant l’intervention israélienne, illustrent les liens complexes entre les luttes pour l’indépendance et les enjeux géopolitiques régionaux.
Le Somaliland, malgré son statut non reconnu, a réussi à établir un certain degré de stabilité et de gouvernance, contrastant avec la situation chaotique de la Somalie. Selon des rapports, le Somaliland a maintenu une relative paix interne et a même développé des relations commerciales avec plusieurs pays. Cependant, l’absence de reconnaissance internationale limite ses capacités économiques et politiques. La décision d’Israël pourrait, par conséquent, être perçue comme une opportunité pour le Somaliland de renforcer sa position sur la scène internationale, tout en suscitant des tensions avec la Somalie et ses alliés.
La reconnaissance du Somaliland par Israël représente un tournant dans les relations diplomatiques en Afrique de l’Est. Elle soulève des questions sur les implications à long terme pour la stabilité régionale et sur la manière dont les actions unilatérales peuvent influencer les dynamiques de pouvoir en Afrique. Les réactions négatives des gouvernements africains et les manifestations populaires soulignent l’importance de respecter la souveraineté nationale dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Didier T.
Mis en ligne : 16/01/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





