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La trésorerie publique n’est pas une question technique réservée aux experts ; elle ronge silencieusement le pouvoir d’achat et la compétitivité nationale. Les décalages entre recettes et dépenses, loin d’être de simples désagréments administratifs, augmentent discrètement les coûts de production et alimentent l’inflation, au détriment des ménages et des entreprises. Cette dérive mérite d’être analysée sans concession.
Les administrations rencontrent des tensions de liquidités malgré des lois de finances calibrées, ce qui crée des retards de paiement aux fournisseurs. Ces retards affectent des chaînes de production entières et frappent d’abord les petites et moyennes entreprises qui n’ont pas de coussin de trésorerie. Dans plusieurs économies régionales, les arriérés représentent des points de PIB et retardent la réalisation d’infrastructures indispensables au développement. La fragilité apparente se dissimule sous des statistiques macroéconomiques qui n’en captent pas l’impact concret.
Quand l’État paie tard, les entreprises répercutent ce stress sur leurs coûts. Elles réclament des primes de risque, augmentent les marges pour compenser l’incertitude et multiplient l’usage d’affacturage coûteux. Le prix des intrants monte, la rotation des stocks ralentit, et la productivité pâtit d’investissements différés. La conséquence se traduit par une hausse graduelle des prix à la consommation. Une baisse du pouvoir d’achat finit par fragiliser la demande interne, créant un cercle vicieux où l’inflation nourrit l’instabilité de la trésorerie.
La chaîne de financement est déjà tendue dans de nombreux secteurs, et les décalages publics aggravent les conditions de crédit pour le reste de l’économie. Quand une entreprise perd des délais de paiement publics, elle augmente ses prix ou réduit ses emplois. La compétitivité extérieure souffre lorsque les coûts de production augmentent de façon diffuse. Un produit devient moins attractif face à des concurrents qui disposent d’une trésorerie plus stable ; comparaison faite avec des pays voisins, l’écart de coût peut décider d’un abandon d’appel d’offres. L’effet psychologique pèse. Les banques et les investisseurs évaluent la fiabilité de l’État selon des critères de ponctualité, et cette perception se traduit par un coût du crédit plus élevé pour tous.
Les décalages de trésorerie agissent comme un impôt masqué. Ils érodent la marge des entreprises et transforment des problèmes de liquidité en pressions inflationnistes. Les ménages payent la facture par une augmentation des prix et par la contraction des salaires réels. Une comparaison avec des administrations mieux coordonnées montre que la stabilité des paiements favorise l’investissement privé, alors que l’incertitude freine l’innovation. Le constat est simple : la mauvaise gestion de la trésorerie redistribue les risques vers les acteurs les plus fragiles.
Des études fiscales régionales indiquent que les arriérés publics peuvent représenter jusqu’à plusieurs pourcents de PIB dans certains cas, impactant les fournisseurs locaux et ralentissant des projets d’infrastructures. Le recours systématique à des lignes de liquidité temporaires augmente la facture d’intérêt de l’État et des entreprises. Une citation d’un directeur financier vaut ici : « Les délais publics déstabilisent nos prévisions », phrase qui résume le malaise ressenti dans les entreprises.
Les décalages de trésorerie ne sont pas des détails comptables, mais un levier d’inflation et de désindustrialisation silencieuse. Tant que les administrations négligent la gestion fine des flux et la communication budgétaire, les ménages continueront de subir des hausses de prix et les entreprises perdront en compétitivité. Le problème est structurel et exige une remise à plat de la priorisation des paiements et de la coordination financière.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Kader Sambou.
Mis en ligne : 16/01/2026
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