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L’exclusion du docteur Djibril Togola du groupe Pastef/Thiès-Ouest choque plus qu’elle ne surprend; elle révèle une majorité qui gomme ses propres règles au gré des alliances. Le geste n’est pas anodin et la décision sonne comme un avertissement pour tous ceux qui croient encore à la cohérence politique dans la coalition. Le ton est sans concession: cette méthode de gestion des loyautés trahit une logique autoritaire et instable qui fragilise la démocratie.
Le visage public de l’affaire est simple: une vidéo de soutien au président a suffi pour provoquer l’expulsion d’un adjoint au maire reconnu, enseignant-chercheur et acteur associatif. La séquence a été réalisée devant un siège de campagne et répondait à une consigne interne de la coalition. L’homme concerné a une trajectoire politique et universitaire solide, avec des fonctions passées à la présidence et dans des organisations estudiantines. Pour le public local, l’affaire mêle service à l’État, engagement personnel et stratégie de communication politique.
La sanction infligée donne à voir une majorité incapable de tolérer la pluralité de fidélités au sein de ses rangs. Le refus de reconnaître un soutien public qui se conforme pourtant à une directive interne traduit une volonté de régulation arbitraire des loyautés. Cet épisode ressemble à une scène où la discipline de groupe l’emporte sur la logique démocratique; la décision paraît motivée moins par une infraction que par des tensions internes et des calculs de pouvoir. La contradiction est frappante: on exige la loyauté à la coalition, puis on punit ceux qui affichent la loyauté au président parce que leur geste dérange un maillage local.
La première faiblesse de cette gestion est l’absence de règles claires. Quand une consigne appelle à produire des messages de soutien et que l’un des membres la suit, la réponse devrait être cohérente avec la ligne commune. À défaut, la majorité se transforme en arène de règlements de compte, où la loyauté devient variable d’ajustement. La seconde faiblesse est politique: un pouvoir qui expulse pour un soutien public fragilise sa crédibilité démocratique et donne l’impression que l’appartenance prime sur le débat d’idées. Enfin, la pratique tourne le dos à la logique d’intégration des alliés; la majorité devrait absorber les divergences, pas les exclure pour disciplinarisme.
Cet évènement illustre clairement un manque de cohérence et une gestion arbitraire des loyautés au sein de la majorité, ce qui révèle des pratiques politiques instables et contraires à la logique démocratique. L’expulsion fait penser à une maison où les portes se ferment au moindre courant d’air: au lieu de conforter une coalition, ces pratiques la minent de l’intérieur. Comparée à des coalitions qui savent négocier les fidélités, la méthode exhibée ici ressemble davantage à une dictée qu’à une conversation politique. Comparée aussi à des systèmes où la dissidence est tolérée, la posture prise par la majorité sénégalaise dans cet épisode paraît faible et dangereusement réactive.
Les éléments factuels renforcent la portée politique de l’affaire: le protagoniste est un universitaire titulaire de plusieurs diplômes et un ancien conseiller technique, avec une base locale reconnue. Sa position au sein d’une organisation citoyenne et dans la task force de la coalition montre que l’enjeu dépasse le simple geste médiatique; il interroge la manière dont la majorité gère ses relais territoriaux. Plusieurs observateurs locaux notent que des exclusions similaires ont déjà créé des fractures lors d’échéances électorales précédentes, ce qui invite à craindre la répétition d’un schéma déstabilisant.
La sanction contre le docteur Togola n’est pas un simple épisode de discipline locale; elle dévoile une pratique politique qui sacrifie la cohérence au profit de l’arbitraire. La majorité a la responsabilité de montrer qu’elle peut rassembler sans écraser, gouverner sans exclure, et stabiliser sans museler. Tant que les décisions relèveront du caprice et non de règles claires, la démocratie en sortira affaiblie et les alliances resteront précaires. Le message envoyé aux acteurs politiques est brutal: loyauté conditionnelle, avenir incertain.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pathé Diop.
Mis en ligne : 16/01/2026
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