Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
La finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc restera gravée dans l’histoire du football africain, non seulement pour son issue sportive, mais surtout pour le geste emblématique de Sadio Mané. Alors que ses coéquipiers, ulcérés par un penalty polémique, quittaient la pelouse sur instruction de leur sélectionneur, Mané a pris sur lui de les ramener, transformant un moment de chaos en une leçon de leadership et de dignité. Cet article se propose d’analyser comment, au-delà du trophée, c’est la manière dont Mané a géré cette crise qui marque l’histoire, en incarnant les valeurs du fair-play et de la résilience, et en offrant au football africain un moment de fierté collective.
La tension était à son comble lorsque l’arbitre congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala a sifflé un penalty en faveur du Maroc, dans une finale déjà électrique. Le sentiment d’injustice a submergé le camp sénégalais, poussant les joueurs à quitter le terrain. C’est dans ce contexte explosif que Sadio Mané, capitaine en l’absence de Kalidou Koulibaly, a pris ses responsabilités. Plutôt que de suivre le mouvement, il a consulté des figures emblématiques du football sénégalais, El Hadji Diouf et Mamadou Niang, ainsi que l’expérimenté Claude Leroy, tous lui enjoignant de ramener ses coéquipiers sur la pelouse. « Il faut jouer comme des hommes », lui ont-ils dit. Mané a écouté, puis agi : il a rejoint ses coéquipiers dans le vestiaire, où régnait la confusion, et les a exhortés à revenir. « On va jouer comme des hommes ! » a-t-il lancé, selon les témoignages recueillis après le match.
Son intervention a évité l’abandon, qui aurait véhiculé une image désastreuse du football africain, comme il l’a lui-même souligné : « Cela aurait été triste et dommage de ne pas reprendre le match. Le football africain a évolué de façon incroyable et la CAN est suivie partout dans le monde. J’ai fait ce que je devais faire ».
Sadio Mané n’a pas seulement sauvé une finale, il a sauvé l’honneur d’un continent. Son geste s’inscrit dans une tradition de leadership en situation de crise, comparable à celui de Didier Drogba en 2005, lorsque l’attaquant ivoirien avait contribué à apaiser les tensions en Côte d’Ivoire en appelant à la réconciliation nationale après une qualification historique pour la Coupe du monde. Comme Drogba, Mané a su transcender son rôle de joueur pour devenir un symbole de rassemblement et de responsabilité.
Son action a été saluée bien au-delà des frontières du Sénégal. L’ancien international marocain Hassan Kachloul a déclaré que « le football africain et le football mondial étaient en train de perdre » jusqu’à ce que Mané intervienne. Son attitude a rappelé que le sport, surtout à ce niveau, est aussi une question d’exemplarité et de respect.
Mané avait d’ailleurs préparé le terrain bien avant le match. Dans les couloirs du stade, il avait rassuré les jeunes joueurs, leur disant que la pression était sur les anciens, et qu’ils devaient rester concentrés. Pendant la rencontre, il a même convaincu Gana Guèye, exténué, de rester sur le terrain, prouvant que son leadership ne se limitait pas aux mots, mais s’incarnait dans des actes concrets.
Ce moment de crise a révélé plusieurs facettes du leadership de Mané :
La gestion de l’émotion collective : en ramenant ses coéquipiers, il a évité une image négative pour le Sénégal et pour l’Afrique, rappelant que le football est un vecteur d’unité et de fierté.
La maturité du football africain : la CAN 2025, suivie dans le monde entier, était une vitrine. Mané a compris que l’abandon aurait terni l’image d’un continent en pleine affirmation sportive et organisationnelle.
L’héritage symbolique : en soulevant la Coupe, il a offert au Sénégal sa deuxième étoile, mais surtout, il a montré que les grands joueurs se révèlent dans l’adversité. Son geste est devenu une métaphore de la capacité de l’Afrique à surmonter les controverses pour briller.
Son influence ne s’arrête pas là. Élu meilleur joueur du tournoi, Mané a confirmé son statut de légende, non seulement par ses performances, mais par son engagement collectif et son sens du devoir.
Comme Drogba en Côte d’Ivoire ou Samuel Eto’o au Cameroun, Sadio Mané a su porter son équipe dans un moment décisif. Ces joueurs ont en commun une capacité à incarner l’espoir et la résilience, bien au-delà du terrain. Leur leadership dépasse le cadre sportif pour toucher à la dimension sociale et politique, faisant d’eux des figures fédératrices.
Sadio Mané a transformé une situation de crise en un moment historique, prouvant que le vrai leadership se mesure dans l’adversité. Son intervention a sauvé une finale, mais aussi l’image du football africain, rappelant que le sport est un miroir des valeurs que nous choisissons de défendre. En quittant la CAN 2025 sur ce geste, il laisse un héritage bien plus grand qu’un trophée : celui d’un homme qui a su rassembler, responsabiliser et inspirer.
Son dernier acte africain restera comme un symbole de maturité, de respect et d’ambition pour tout un continent. Le Sénégal a remporté la Coupe, mais c’est l’Afrique toute entière qui en sort grandie.
Comment, selon vous, les jeunes générations de footballeurs africains peuvent-elles s’inspirer de l’exemple de Sadio Mané pour porter les valeurs du fair-play et du leadership ?
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Eve Sagna.
Mis en ligne : 19/01/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





