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La tension suscitée par les revendications sur le Groenland a provoqué une réaction coordonnée de plusieurs capitales européennes qui ont rappelé la souveraineté du royaume danois et son lien avec l’OTAN. Les dirigeants ont formulé des phrases nettes, par exemple « Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland » et « Le Royaume du Danemark – y compris le Groenland – fait partie de l’Otan. » Ces formules servent de réponse diplomatique, tandis que des enjeux géopolitiques concrets continuent d’attirer les intérêts d’États européens et d’entreprises.
Le Groenland est une région autonome au sein du Royaume du Danemark, doté d’un gouvernement local depuis l’accord d’autonomie renforcée de 2009 qui a transféré des compétences essentielles, notamment sur les ressources naturelles. La façade arctique s’est réchauffée, ouvrant des perspectives sur des gisements de minerais, des réserves d’hydrocarbures et des routes maritimes plus accessibles. Plusieurs pays européens maintiennent des activités scientifiques, commerciales et militaires dans l’Arctique : présence de chercheurs, investissements miniers et exercices navals alliés se multiplient. L’OTAN conserve des accords de défense impliquant le Danemark, tandis que des bases et des infrastructures logistiques demeurent stratégiques pour la sécurité transatlantique.
La déclaration européenne met l’accent sur la souveraineté et l’intégrité territoriale tout en rappelant le cadre onusien et la coopération alliée. Ce rappel formel coexiste toutefois avec des faits saillants. Des entreprises européennes ont signé des accords d’exploration et d’exploitation autour du Groenland et dans l’océan Arctique, avec des permis délivrés par Nuuk ou par des partenaires privés. Des États européens participent à des manœuvres et à des projets d’infrastructure portuaire et aérienne visant à sécuriser les voies maritimes arctiques. Les cartes géopolitiques montrent qu’un intérêt stratégique n’est pas qu’un mot : il se traduit par des investissements, des partenariats publics-privés et des postures militaires mesurables.
Les engagements diplomatiques sur la souveraineté ne suppriment pas les intérêts économiques qui poussent à l’action. Les licences d’exploration minière au Groenland, parfois accordées à des sociétés étrangères, créent des flux financiers et des dépendances locales documentées. Les flux de gaz naturel et de minerais rares annoncés par des études géologiques expliquent pourquoi des firmes européennes et des États soutiennent des projets sur place. Les exercices alliés sous bannière OTAN renforcent la sécurité collective, mais ils offrent aussi des prétextes pour consolider des positions stratégiques. Une comparaison s’impose : la défense collective en mer de Norvège est traitée comme une question d’alliance, tandis que l’exploitation des ressources polaires est conduite comme un enjeu économique national ou corporatif. Une autre comparaison oppose la rhétorique commune sur l’inviolabilité des frontières à la pratique des accords bilatéraux signés pour l’accès aux gisements.
La juxtaposition des déclarations de défense de la souveraineté et des engagements économiques révèle une tension factuelle entre langage politique et comportements d’acteurs. Plusieurs gouvernements européens ont simultanément défendu publiquement l’intégrité territoriale et autorisé ou encouragé des activités extractives et des projets logistiques dans l’Arctique. Les données publiques sur les permis miniers, les investissements et les exercices militaires attestent de cette double posture. Les traités d’alliance n’empêchent pas la recherche d’intérêts stratégiques dans des zones convoitées, et les démarches commerciales suivent des calendriers et des contrats vérifiables.
Des rapports géologiques estiment des ressources en terres rares et en métaux critiques dans la région, tandis que des études énergétiques évaluent des réserves potentielles d’hydrocarbures. Les registres des entreprises montrent des participations européennes dans des projets groenlandais, et les calendriers militaires de l’OTAN listent des exercices dans l’Arctique. Les chiffres officiels du budget de la défense danoise et des programmes d’infrastructure côtière illustrent des dépenses ciblées vers le nord, et les documents d’urbanisme groenlandais rendent compte des concessions minérales attribuées récemment.
Les mots sur la souveraineté et l’OTAN sont factuels et clairs, mais les dossiers administratifs, les contrats d’exploitation et les programmes militaires montrent une réalité parallèle : des intérêts stratégiques et économiques persistent et se matérialisent. La situation se lit donc sur deux registres simultanés — la rhétorique diplomatique et la pratique des engagements — qui, mis côte à côte, éclairent pourquoi la simple affirmation de principes ne suffit pas à dissiper les enjeux concrets autour du Groenland.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Kane.
Mis en ligne : 22/01/2026
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