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La candidature de Macky Sall à la succession au poste de Secrétaire général des Nations unies apparaît aujourd’hui affaiblie. L’absence de parrainage officiel et les controverses ayant marqué son mandat national fragilisent sa capacité à incarner la neutralité et la crédibilité attendues par l’ONU. Sans réparation politique crédible ni soutien international formel, cette ambition risque de rester une illusion diplomatique plutôt qu’une option concrète pour la communauté internationale.
Selon le protocole onusien, un État membre doit proposer officiellement un candidat pour la direction du secrétariat. À ce jour, aucun État n’a soutenu Macky Sall, laissant son dossier en dehors du départ officiel. Parallèlement, les tensions institutionnelles récentes dans son pays et les débats publics sur les libertés ont laissé des traces qui pèsent sur l’évaluation des membres du Conseil de sécurité. Sur le plan géopolitique, la présence d’autres candidats mieux favorisés par les grandes puissances complique encore la situation.
L’absence de parrainage n’est pas un simple détail procédural : elle traduit un déficit de légitimité. Un candidat sans appui étatique expose l’ONU à des fragilités symboliques et pratiques lors des consultations au Conseil de sécurité. Les discussions en coulisses privilégient désormais des profils dont le parcours international n’est pas entaché de polémiques domestiques, tandis que les signaux diplomatiques émanant des capitales influentes restent hésitants. La candidature souffre également d’un handicap moral : l’ONU attend de son futur secrétaire général un bilan de gouvernance irréprochable, et les controverses internes sur la gestion et les libertés publiques affaiblissent la portée normative d’une candidature qui prétend défendre la paix, les droits et la cohésion internationale.
La mécanique politique onusienne favorise les candidats soutenus par un État capable de défendre solidement leur dossier au Conseil de sécurité. L’absence de parrainage fragilise toute stratégie de coalition. La crédibilité personnelle compte aussi : un secrétaire général doit se tenir au-dessus des querelles nationales pour négocier entre puissances. Les tensions domestiques liées à Macky Sall offrent des angles d’attaque faciles à ses concurrents et suscitent des doutes chez les membres influents. La concurrence internationale est par ailleurs réelle : des figures comme Michelle Bachelet représentent un profil féminin historique, tandis que d’autres candidats issus d’agences internationales paraissent mieux armés pour gérer des dossiers techniques mondiaux. La comparaison entre une candidature marquée par des controverses intérieures et une candidature présentée comme neutre ou centrée sur la défense des droits révèle un écart d’attractivité certain.
Sans garanties de réhabilitation politique ni parrainage explicite, la candidature reste marginale. Afficher une prétention internationale ne suffit pas à transformer les réserves en soutiens. Les acteurs onusiens scrutent la réputation, l’indépendance et la capacité à incarner l’intérêt général. Les dossiers disciplinaires ou accusations de restrictions des libertés alimentent la méfiance. Sur le continent africain, la rotation géographique et la promotion probable d’une première femme secrétaire générale déplacent le soutien hors d’Afrique, réduisant encore les chances d’un candidat mal soutenu. L’expérience passée montre qu’un appui étatique solide et une image publique incontestable sont indispensables pour franchir l’étape décisive.
Les consultations préliminaires révèlent que certains États privilégient la normalité institutionnelle et la réputation internationale avant l’appartenance régionale. Les études historiques confirment qu’un candidat sans parrainage dispose de peu de marge de manœuvre, même si son profil personnel est reconnu. Les données sur les votes et coalitions au Conseil de sécurité montrent une tendance à bloquer les candidatures perçues comme problématiques sur le plan des droits. Les signaux hésitants des capitales influentes pèsent donc lourdement contre un dossier dépourvu d’alliances claires.
Ainsi, la candidature de Macky Sall paraît sérieusement compromise. Sans parrainage officiel, sans clarification de son bilan national et sans remédiation tangible des controverses intérieures, elle perd la légitimité nécessaire pour convaincre les décideurs onusiens. L’aspiration personnelle et la notoriété ne suffisent pas à remplacer la condition minimale d’un appui national formel et d’une réputation internationale irréprochable. La réalité diplomatique exige davantage que l’ambition : elle réclame des garanties concrètes que cette candidature ne fournit pas.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Doudou.
Mis en ligne : 22/01/2026
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