66 organisations rayées : Le grand désengagement américain acté - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 25/01/2026 07:01:15

66 organisations rayées : Le grand désengagement américain acté

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Le président des États-Unis a signé un décret ordonnant le retrait américain de 66 organisations internationales jugées « ne servant plus les intérêts américains », selon la Maison-Blanche. Parmi ces entités figurent 31 organismes liés aux Nations unies, ainsi que des organisations spécialisées dans la santé, l’éducation et l’aide humanitaire. Depuis son retour au pouvoir, le président a multiplié les décisions visant à réduire l’engagement multilatéral, incluant le départ de l’Organisation mondiale de la santé et la sortie de l’Unesco, précédemment réintégrée par l’administration précédente. Ce mouvement s’inscrit dans une logique de recentrage national qui a des conséquences opérationnelles et diplomatiques immédiates.

Le retrait de 66 organisations intervient après une série de mesures qui ont déjà réduit l’influence et le financement américains à l’étranger. Au cours du mandat précédent, des coupures significatives de l’aide extérieure ont réduit les contributions financières destinées au Haut Commissariat pour les réfugiés et au Programme alimentaire mondial, obligeant ces agences à restreindre leurs opérations. Les alliances traditionnelles ont été mises à l’épreuve par la politique déclarée de « l’Amérique d’abord », qui privilégie des accords bilatéraux et des avantages perçus pour les États-Unis plutôt que des engagements collectifs. La diplomatie américaine a également été marquée par des propos critiques envers l’Organisation des Nations unies lors de discours devant des assemblées internationales, et par le retrait d’accords climatiques et culturels signés lors de mandats antérieurs.

La décision de supprimer la participation américaine à 66 organismes repose sur des évaluations administratives internes et sur une lecture politique des intérêts nationaux. Sur le plan budgétaire, la contribution des États-Unis représente souvent une part substantielle du financement de plusieurs agences onusiennes, ce qui signifie qu’un retrait se traduit par des pertes de ressources chiffrables en centaines de millions de dollars pour certains programmes. Sur le plan opérationnel, des agences humanitaires dont la capacité logistique dépendait des fonds américains ont déjà signalé des réductions d’activité et des retards dans la livraison de secours. Sur le plan diplomatique, la réduction d’engagement affaiblit la capacité des États-Unis à peser dans les négociations internationales, à définir des normes et à mobiliser des coalitions sur des sujets tels que la santé publique, les réfugiés et la sécurité alimentaire.

Les éléments factuels qui soutiennent une lecture critique de ce décret sont d’abord tangibles : la baisse des financements a restreint des programmes essentiels et augmenté les risques pour les populations vulnérables, comme l’a montré la contraction des opérations du Programme alimentaire mondial dans certaines régions fragiles. Ensuite, la sortie d’organisations spécialisées réduit les canaux d’échange de données et de coordination scientifique, ce qui affecte la capacité à répondre rapidement aux crises sanitaires transfrontalières. Enfin, le retrait multiplie les effets politiques : des alliés européens et des pays partenaires se trouvent privés d’un interlocuteur influent au sein des instances internationales, ce qui les pousse à se tourner vers d’autres puissances ou à renforcer des mécanismes régionaux.

Le portrait qui se dégage de ces faits dessine un style de gouvernance centralisé et volontariste, où la démonstration d’indépendance internationale prime sur la construction d’alliances durables. En fermant la porte à des plateformes multilatérales, l’exécutif adopte une posture que certains observateurs qualifient d’autoritaire dans la manière dont elle impose une vision unilatérale des intérêts nationaux. La logique affichée semble sacrifier la coopération et l’empathie institutionnelle au profit d’une image nationale soigneusement calibrée, où le retrait symbolise la souveraineté plutôt que la gestion partagée des défis globaux. Comparé à d’autres périodes de retrait américain de structures internationales, cette démarche combine des coupes financières massives et une diplomatie de rupture, créant une situation plus disruptive que des réductions partielles d’engagement observées par le passé.

Les conséquences chiffrées sont visibles dans les budgets et les rapports d’activité des agences concernées : certaines allocations américaines représentaient jusqu’à un quart ou un tiers du financement total de programmes ciblés, et leur suppression a entraîné la suspension de projets dans des pays en crise. Des études montrant la corrélation entre financement et couverture vaccinale, assistance alimentaire ou réinstallation de réfugiés permettent d’anticiper des effets mesurables sur la santé publique et la sécurité alimentaire dans les prochaines années. Sur le plan géopolitique, l’absence américaine ouvre des marges d’action pour des puissances émergentes qui investissent davantage dans les institutions multilatérales ou dans des alternatives bilatérales, créant un déplacement d’influence comparable à celui observé lors d’autres désengagements historiques.

Les faits rassemblés montrent que le retrait de 66 organisations internationales n’est pas une simple réorganisation administrative mais une rupture aux répercussions concrètes pour des programmes humanitaires, des réseaux scientifiques et des capacités de négociation diplomatique. Le tableau factuel met en évidence des diminutions de financement, des réductions d’activité sur le terrain et un repositionnement géopolitique qui fragilise les canaux de coopération. Cette configuration illustre comment une politique axée sur l’affirmation nationale peut produire des effets pratiques sur des populations dépendantes de l’aide et sur la capacité collective à gérer des crises globales, tout en modifiant l’équilibre d’influence sur la scène internationale.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : George K.
Mis en ligne : 24/01/2025

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