Le grand « show » d’Anta Babacar : Une tournée de promesses sans calendrier - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 26/01/2026 03:01:30

Le grand « show » d’Anta Babacar : Une tournée de promesses sans calendrier

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La députée Anta Babacar Ngom Diack a parcouru le département de Dagana du 9 au 10 janvier 2026, suscitant des rassemblements importants et des scènes de liesse populaire dans des villages comme Nder, Gnith, Thiago, Mbane et Richard Toll. La tournée a mêlé commémoration historique, rencontres avec des agriculteurs privés d’eau et grands meetings politiques, jusqu’à une invitation publique adressée au président de la République pour dissoudre l’Assemblée nationale. Les faits dressent un programme majoritairement événementiel.

Le village de Nder a servi de point de départ, avec un hommage aux femmes qui, le 7 mars 1820, se sont donné la mort pour échapper à la capture; la députée a proposé de transformer un bâtiment local en musée d’envergure internationale. À Gnith et à Thiago, elle a rencontré des élèves, des notables et des agriculteurs qui déclarent souffrir d’un manque d’eau chronique et de problèmes fonciers persistants. Mbane a été cité comme exemple supplémentaire de communes confrontées à des difficultés économiques et sociales. La tournée s’est achevée par un grand meeting politique.

Les actions observées se concentrent sur la symbolique et le spectacle politique plutôt que sur l’annonce de mesures techniques ou budgétaires. Les rencontres publiques ont permis de recueillir des doléances documentées — pénurie d’eau, litiges fonciers, absence d’infrastructures — sans qu’aucune feuille de route chiffrée n’ait été présentée au cours des étapes de la visite. La proposition de transformer un bâtiment en musée relève d’un projet culturel de long terme qui nécessite des études, des financements et une gouvernance, éléments non explicités lors des prises de parole. Le constat factuel montre une campagne de visibilité claire, associée à des promesses générales de porter les problèmes à l’Assemblée nationale.

Les faits suivants renforcent l’impression d’un registre plutôt spectaculaire. D’abord, la tournée a multiplié les grands rassemblements et les caravanes, ce qui favorise la visibilité médiatique sans garantir la pérennité des réponses locales. Ensuite, les plaintes récurrentes sur l’eau et le foncier n’ont pas été assorties de propositions techniques concrètes, comme des calendriers d’intervention, des montants prévisionnels ou des partenaires institutionnels identifiés. Enfin, la demande publique de dissolution de l’Assemblée nationale place l’événement sur le terrain du geste symbolique aigu, quand les populations réclament des solutions tangibles pour leurs besoins quotidiens. On retrouve ce mélange de théâtre politique et d’adresses symboliques à chaque étape visitée.

La sélection des faits montre que la tournée favorise l’affichage politique: cérémonies à Nder, meetings nocturnes en caravane, et appels solennels au chef de l’État. Deux comparaisons éclairent la démarche: d’une part, la visite évoque une collecte de soutiens comparable à des campagnes électorales axées sur la mobilisation de foule; d’autre part, elle diffère d’une mission technique où des ingénieurs, des chiffres et des délais seraient au centre des échanges. La phrase rapportée de la députée — « Je n’ai jamais vu dans l’histoire du Sénégal un chef de gouvernement s’attaquer à ses ministres » — illustre le tour rhétorique choisi pour capter l’attention plutôt que pour détailler des solutions.

Des éléments chiffrés manquent dans les discours tenus pendant la tournée: aucun plan d’approvisionnement en eau, aucun engagement budgétaire local et aucune feuille de route foncière n’ont été présentés au public. Les projets muséaux évoquent des perspectives touristiques et patrimoniales valables, mais nécessitent des études de faisabilité et des partenariats externes qui n’ont pas été mentionnés. La juxtaposition de rencontres populaires et d’appels nationaux à la dissolution renforce la lecture d’une opération axée sur la mise en scène et la mise en réseau des militants.

Les déplacements d’Anta Babacar Ngom Diack ont permis de mettre en lumière des souffrances réelles des populations du nord du pays, notamment l’accès à l’eau et les problèmes fonciers. Les annonces restent cependant largement symboliques: musées envisagés, promesses de défense parlementaire et appels solennels au pouvoir central sans calendrier ni budget dévoilés. L’ensemble des faits observés donne l’image d’une tournée qui privilégie la visibilité et la rhétorique performative, alors que les territoires rencontrés réclament des réponses opérationnelles et mesurables.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ramatoulaye N.
Mis en ligne : 26/01/2026

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