Sénégal en crise : Le Pastef se trompe-t-il de priorités ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 27/01/2026 12:01:00

Sénégal en crise : Le Pastef se trompe-t-il de priorités ?

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Dans son message à la Nation du 31 décembre 2025, le Président Bassirou Diomaye Faye a annoncé une série de réformes institutionnelles, présentant la révision de la Constitution, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature et la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) comme des priorités. Pourtant, l’Alliance Pour la République (APR) a fermement rejeté cette approche, rappelant à juste titre que le Sénégal n’a pas de problème institutionnel, mais bien économique et social. En effet, depuis son arrivée au pouvoir, le Pastef a démontré une incapacité préoccupante à répondre aux attentes du peuple, préférant s’engager dans des réformes superflues plutôt que de s’attaquer aux vrais défis du pays.

Le Sénégal, qui a toujours su organiser des élections transparentes et pacifiques, n’a pas besoin d’une nouvelle CENI ou de réformes constitutionnelles précipitées. Ce qu’il lui faut, c’est une gouvernance compétente, capable de redresser une économie en difficulté et d’améliorer les conditions de vie des citoyens. Malheureusement, le bilan du Pastef est loin d’être à la hauteur des promesses.

Le Sénégal a connu trois alternances démocratiques sans heurts, preuve que ses institutions fonctionnent. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a toujours supervisé les scrutins avec efficacité et neutralité, comme le souligne l’APR. Pourtant, le gouvernement actuel semble obsédé par des réformes institutionnelles qui, loin de résoudre les problèmes, risquent d’aggraver l’instabilité politique. Pendant ce temps, les indicateurs économiques se dégradent : le déficit public a atteint 11,6 % du PIB en 2024, la dette extérieure dépasse 110 % du PIB, et la croissance, bien que stimulée par les hydrocarbures, reste fragile et inégalement répartie. Le pays, autrefois cité en exemple pour sa stabilité, se retrouve aujourd’hui classé derrière des nations comme la Guinée et la Gambie en termes de croissance économique, une situation inédite et alarmante.

Les annonces du Président Faye sur la révision de la Constitution et la création d’une CENI apparaissent comme une diversion. Plutôt que de s’attaquer aux déséquilibres structurels de l’économie, le gouvernement préfère s’engager dans des débats stériles sur des réformes qui, selon les experts, devraient être menées de manière inclusive et transparente, en s’appuyant sur les conclusions des Assises nationales et de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI). Or, soumettre des projets de loi constitutionnelle à l’Assemblée sans débat préalable est non seulement antidemocratique, mais aussi contre-productif. Pire, ces réformes sont annoncées alors que le pays fait face à une crise économique sans précédent : le déficit budgétaire reste élevé, les investissements publics ont chuté de 30,3 % au premier trimestre 2025, et les agences de notation dégradent la note souveraine du Sénégal, reflétant une perte de confiance des marchés.

Le Pastef a été porté au pouvoir par une jeunesse en quête de changement, mais force est de constater que la « rupture » promise n’a pas eu lieu. Les mesures économiques annoncées, comme le plan de redressement visant à mobiliser 5 667 milliards de FCFA d’ici 2028, peinent à convaincre. Le gouvernement mise sur des recettes fiscales et des financements endogènes, mais sans stratégie claire pour relancer les secteurs productifs ou créer des emplois durables. Résultat : le Sénégal, malgré ses ressources pétrolières et gazières, reste à la traîne par rapport à ses voisins, avec une croissance en trompe-l’œil et une dette publique insoutenable.

Le Rwanda, le Botswana ou le Maroc, malgré des défis similaires, ont su mettre en place des politiques économiques cohérentes et des réformes institutionnelles progressives, leur permettant de figurer en tête des classements en matière de gouvernance et d’efficacité gouvernementale. Le Sénégal, lui, régresse : 109e au classement Doing Business en 2023 (contre 102e en 2019), et 83e en termes d’efficacité gouvernementale, loin derrière les leaders du continent. Cette chute est le résultat direct d’une gouvernance improvisée, où les décisions sont prises sans concertation ni expertise.

Le Sénégal n’a pas besoin de réformes constitutionnelles précipitées. Ce dont il a besoin, c’est d’un gouvernement capable de gérer les défis économiques et sociaux avec rigueur et compétence. Le Pastef, en s’obstinant dans une logique de rupture idéologique plutôt que pragmatique, prend le pays en otage. Les élections se déroulent, les institutions fonctionnent, mais le peuple souffre. Il est temps de cesser les expérimentations dangereuses et de se concentrer sur ce qui compte vraiment : relancer l’économie, réduire la dette, et améliorer le quotidien des Sénégalais. L’APR a raison de le rappeler : le problème n’est pas institutionnel, mais bien celui d’une gouvernance en dessous des standards. Le Pastef doit enfin assumer ses responsabilités, ou laisser la place à ceux qui en ont les moyens.

Comment expliquer que, malgré ses ressources et son potentiel, le Sénégal continue de reculer dans les classements économiques et de gouvernance sous la gouvernance actuelle ? Quelles solutions concrètes pourraient inverser cette tendance ?

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Diop.
Mis en ligne : 27/01/20
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