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La sortie du ministre de la Justice au sujet de la découverte présumée de téléphones auprès de Farba Ngom a déclenché une réaction vive de l’Alliance pour la République (Apr). Le porte-parole de l’Apr, Seydou Gueye, a qualifié la conférence de presse du garde des Sceaux de «conférence de panique» et a reproché au ministre d’endosser le rôle du procureur. Ces échanges relancent un débat public sur la communication des autorités et sur le respect des procédures judiciaires.
Le ministre de la Justice a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a évoqué des éléments liés à une fouille qui aurait permis la découverte de téléphones en lien avec Farba Ngom. La déclaration a été rendue publique avant l’achèvement apparent de tout processus judiciaire formel, selon la chronologie des faits rapportés. L’Apr a réagi immédiatement, organisant une prise de parole publique et contestant le fait que le ministre se prononce sur des éléments susceptibles d’influencer la suite des procédures. Le climat politique était déjà tendu autour de l’affaire, avec une attention médiatique soutenue et des audiences publiques sur l’éthique et la transparence.
La réaction de l’Apr illustre le risque d’une communication politisée qui déplace l’attention des questions judiciaires vers des querelles d’image. Lorsque des responsables annoncent des éléments présumés avant des décisions judiciaires, la présomption d’innocence peut être fragilisée et la crédibilité des institutions peut souffrir. Les déclarations publiques peuvent aussi contraindre le travail du ministère public, en créant des attentes médiatiques et en polarisant l’opinion. La posture de l’Apr met en garde contre une dérive où la communication gouvernementale devient un outil d’affrontement politique plutôt qu’un vecteur d’information factuelle et neutre.
Les faits retenus par l’Apr pointent vers plusieurs risques concrets. D’abord, la divulgation précoce d’éléments matériels peut compromettre la confidentialité des enquêtes et la sécurité des preuves. Ensuite, l’immixtion apparente d’un ministre dans le rôle du procureur crée une confusion institutionnelle entre pouvoirs exécutif et judiciaire, ce que la doctrine républicaine cherche à éviter. Enfin, la politisation de la parole publique accroît la défiance des citoyens envers les procédures, ce qui peut réduire l’adhésion aux décisions de justice et alimenter des polémiques stériles au détriment d’un examen rigoureux des faits.
La réponse de l’Apr met en lumière la nécessité de séparer la communication politique du traitement judiciaire des dossiers. Comparée à la pratique observée dans certains pays où la mise en scène médiatique précède rarement des décisions judiciaires, la situation décrite présente le danger d’un emballement médiatique. Comparée aussi aux règles de procédure pénale locales, la communication anticipée risque d’interférer avec le droit à un procès équitable et avec les garanties procédurales prévues par la loi.
Des exemples internationaux montrent que la divulgation précoce d’éléments d’enquête peut entraîner des annulations de procédures ou des recours devant les juridictions de réexamen. Des études sur la confiance institutionnelle indiquent que les citoyens se méfient davantage des institutions lorsque les responsables politiques communiquent de manière conflictuelle. Les données disponibles sur la fréquence des interventions publiques de ministres dans des enquêtes montrent une variabilité importante selon les pays et une corrélation possible entre communication politisée et baisse de la confiance publique.
L’échange entre le ministre de la Justice et l’Apr pose des questions factuelles sur la frontière entre communication politique et procédure judiciaire, sans trancher la culpabilité de qui que ce soit. La mise en avant d’éléments présumés avant décisions judiciaires expose des risques mesurables pour la présomption d’innocence, l’indépendance du ministère public et la confiance des citoyens. Si les institutions veulent rester crédibles, la gestion publique des informations sensibles devra respecter les procédures et éviter que le débat n’escamote le fond au profit de polémiques stériles.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aminata D.
Mis en ligne : 29/01/2026
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