Panique à Niamey : Tirs et détonations près d’un site nucléaire sensible - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 01/02/2026 01:02:10

Panique à Niamey : Tirs et détonations près d’un site nucléaire sensible

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Lundi soir, des tirs et des détonations ont été entendus près de l’aéroport international de Niamey, autour de la base 101 de l’armée de l’air et d’une zone où est entreposée une cargaison d’uranium en attente d’exportation. Les échanges ont commencé peu après minuit, ont duré environ une heure et ont provoqué la panique parmi les passagers, sans bilan connu pour l’instant.

J’observe avec indignation que ce stockage à proximité immédiate d’une infrastructure civile critique constitue un risque évitable et que les responsables font preuve d’une négligence sécuritaire inacceptable. La population civile paie le prix d’une décision technique qui relève du bon sens, pas du hasard.

La base 101 abrite également une installation de drones et le quartier général d’une force régionale antidjihadiste; l’aéroport civil se trouve à moins d’un kilomètre de ces emplacements militaires et du site d’entreposage.

Je refuse l’idée selon laquelle la proximité entre uranium stocké et aéroport serait tolérable pour raisons logistiques ou économiques. L’uranium, même faiblement enrichi selon les trafics commerciaux, reste une matière qui demande des mesures de confinement et de sécurité robustes. Placer une quantité importante de matière radioactive à l’orée d’un terminal civil revient à inviter la catastrophe: un tir, une explosion, un incendie ou une panne technique peuvent transformer un site de transit en zone d’urgence sanitaire et environnementale.

La responsabilité est d’abord administrative. Qui a validé l’emplacement de ce stockage? Qui a évalué l’impact sur les quartiers environnants et sur les lignes de vol? Les procédures de sécurité élémentaires exigent des zones tampons, des plans d’évacuation et des équipements de neutralisation adaptés. Quand ces obligations ne sont pas respectées, on se contente d’alibis bureaucratiques pendant que les familles et les voyageurs subissent la peur. J’y vois une négligence grave, sinon une faute professionnelle.

Sur le plan militaire, l’argument selon lequel la présence d’une base et d’un entrepôt sur le même site renforce la protection tient mal face aux risques collatéraux. Les systèmes de défense antiaérienne peuvent protéger des installations stratégiques, mais ils n’annulent pas le danger d’un tir ami, d’une panne ou d’une attaque déjouée qui blesse des civils. C’est l’équivalent, pour illustrer, de stocker une réserve de carburant à côté d’une école ou de laisser une arme chargée dans un marché: la logique de proximité réduit le temps d’intervention mais multiplie les victimes potentielles.

Il faut aussi considérer la dimension internationale et commerciale. L’uranium nigérien alimente des marchés stratégiques et suscite des convoitises. Le rendre accessible logistique parlant, c’est accroître la tentation d’actions hostiles ou d’opérations clandestines. Un entrepôt mal protégé devient une cible. Face à ce constat, la réponse ne peut être improvisée; elle exige des normes claires, des inspections indépendantes et la transparence sur les dispositifs de sécurité mis en place.

Primo, la sécurité civile doit primer sur la commodité du transport: le fait d’économiser quelques kilomètres de convoyage ne justifie pas d’exposer un aéroport et des quartiers voisins à des retombées radiologiques ou à des incendies massifs. Secundo, les mécanismes de gouvernance actuels semblent déficients: absence de communication, de bilan public et de contrôle extérieur donnent l’impression que des décisions majeures se prennent à huis clos. Tertio, la prévention nécessite des investissements modestes mais essentiels: déplacement du stock vers une zone isolée, renforcement des barrières physiques et des procédures d’urgence, formation des équipes de l’aéroport aux risques radiologiques.

En enrichissant l’argumentaire, je rappelle que des normes internationales existent pour le transport et le stockage de matières nucléaires et que leur application n’est pas optionnelle. Des exemples étrangers montrent les conséquences d’un mauvais emplacement: un incendie de dépôt, même sans dispersion massive, suffit à immobiliser des semaines d’activité aéroportuaire et à laisser des populations en insécurité durable. Comparer ce stockage à un dépôt de produits chimiques en zone urbaine éclaire la gravité du pari pris par les autorités. Comparer la situation à un site industriel isolé met en relief l’erreur de jugement: la sécurité n’est pas une variable d’ajustement.

Les agences internationales recommandent des zones tampons mesurées en kilomètres selon la quantité et la nature du matériau. Les autorités locales doivent rendre publiques les évaluations de risque et permettre l’audit par des experts indépendants. Sans informations publiques, la confiance s’effrite et la colère monte, légitimement.

Je demande que la question du stockage d’uranium près de l’aéroport soit traitée comme une urgence de sécurité civile et non comme un détail logistique. J’affirme que maintenir un tel entrepôt à cet emplacement relève d’une négligence dangereuse et inexcusable envers les citoyens. Il est impensable de continuer à accepter des décisions qui mettent en péril des vies pour des raisons de confort opérationnel. Les autorités doivent assumer leur responsabilité, expliquer clairement les mesures prises et, si nécessaire, transférer immédiatement la cargaison vers un site sûr afin d’éviter que la peur ne se transforme en drame.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Dav Sambou.
Mis en ligne : 01/02/202
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