Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Un article récent de RMC Sport révèle un imbroglio sans précédent à moins de deux mois du coup d’envoi de la CAN féminine 2026 : alors que le Maroc était officiellement désigné comme pays hôte, la vice-ministre sud-africaine des Sports, Peace Mabe, a annoncé publiquement que l’Afrique du Sud accueillerait finalement la compétition. Pourtant, le ministère marocain et la CAF nient toute décision formelle, plongeant la compétition dans une incertitude totale. Cette situation, révélatrice d’une gouvernance défaillante, mérite une analyse critique.
La CAN féminine 2026 devait marquer une continuité après le succès organisationnel du Maroc lors de la CAN masculine 2025. Mais les tensions post-finale (sanctions contre le Maroc, rejet de sa réclamation) et les contraintes logistiques ont conduit à un retrait tardif du Royaume chérifien. L’Afrique du Sud, déjà prête à reprendre le flambeau, a saisi l’opportunité, mais sans validation officielle de la CAF. Ce flou rappelle les dysfonctionnements récurrents de la gestion des compétitions africaines, où les décisions se prennent dans l’urgence et l’opacité, au détriment de la crédibilité du football continental.
L’annonce unilatérale de l’Afrique du Sud, suivie des démentis marocains et du silence de la CAF, illustre un manque de coordination flagrant. Le Maroc invoque des « contraintes organisationnelles majeures », notamment l’impossibilité de suspendre son championnat national féminin et la saturation de ses infrastructures. Pourtant, le tirage au sort a eu lieu à Rabat en janvier 2026, laissant présager une organisation sans accroc. Ce revirement de dernière minute, à 44 jours du coup d’envoi, pose question : comment une compétition majeure peut-elle être si mal préparée ? La CAF, censée garantir la stabilité, semble incapable de trancher ou de communiquer clairement, alimentant la confusion et le doute.
Le Maroc, pays expérimenté, a déjà renoncé à organiser la CAN en 2015, invoquant des risques sanitaires. Ce nouveau désistement, dans un contexte de tensions post-CAN masculine, montre une absence de plan B solide. La CAF, malgré ses engagements, n’a pas su anticiper ou imposer des solutions.
Les sponsors et les supporters ont besoin de visibilité. Une désorganisation visible fragilise l’image du football africain, comme l’a souligné une étude récente : « Des dysfonctionnements visibles alimentent des perceptions d’instabilité ».
Le football féminin africain souffre d’un manque de priorité chronique. Les écarts financiers et logistiques avec le football masculin sont criants, et cette crise ne fera qu’aggraver la méfiance des partenaires et du public.
Cette situation n’est pas isolée. En 2015, le Maroc s’était déjà retiré de l’organisation de la CAN masculine, et d’autres pays (comme le Cameroun en 2019) ont connu des retards ou des reports. À chaque fois, c’est l’image de l’Afrique qui en pâtit, renforçant les stéréotypes sur son incapacité à gérer de grands événements. Pourtant, des succès comme la CAN féminine 2022 au Maroc prouvent que c’est possible – à condition d’une volonté politique et d’une gouvernance rigoureuse.
La CAN féminine 2026 est devenue le symbole d’une gouvernance sportive africaine à la dérive. Si la CAF ne se réforme pas, si les pays hôtes ne s’engagent pas pleinement, c’est toute la crédibilité du football continental qui sera durablement affectée. Il est temps de passer des annonces improvisées à une planification transparente et responsable, pour le bien du sport et de ses actrices.
Cette crise pourrait-elle accélérer une réforme de la CAF, ou au contraire aggraver la défiance des sponsors et des supporters ? Le débat reste ouvert.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ousmane Ba.
Mis en ligne : 03/02/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




