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Dans une déclaration récente, le député Guy Marius Sagna a dénoncé avec vigueur l’apologie du coup d’État formulée par certains acteurs politiques sénégalais, notamment lors de l’émission « Faram Facce » sur la TFM. Selon lui, ces propos ne visent pas seulement à légitimer des changements violents de régime, mais ciblent directement Ousmane Sonko et le projet souverainiste qu’il incarne. Cette rhétorique, loin d’être anodine, révèle une stratégie visant à restaurer un Sénégal néocolonial et parasitaire, au détriment d’une gouvernance indépendante et émancipatrice. Nous analyserons ici pourquoi cette attaque contre Sonko et ses idées représente un danger pour l’avenir démocratique et souverain du pays.
Le Sénégal traverse une période politique marquée par des tensions entre les partisans d’un modèle traditionnel, souvent accusé de dépendance envers les anciennes puissances coloniales, et ceux d’une approche souverainiste, portée par Ousmane Sonko et son parti, le PASTEF. Ce clivage s’est cristallisé autour de la question de la légitimité du pouvoir et de la gestion des ressources nationales. Les déclarations de Doudou Wade, qui a évoqué la possibilité de « sauver la République » par un coup d’État, ont suscité une vive polémique et une procédure judiciaire, soulignant la gravité de ces propos dans un contexte où la démocratie sénégalaise est déjà fragilisée par des crises institutionnelles récurrentes.
Guy Marius Sagna affirme que l’apologie du coup d’État est une arme politique utilisée pour discréditer Ousmane Sonko, figure de proue du camp souverainiste. Sonko, Premier ministre et leader charismatique, prône une rupture avec le système néocolonial, notamment en remettant en cause le franc CFA, en dénonçant l’ingérence étrangère, et en promouvant une gestion transparente des ressources nationales. Ses positions ont trouvé un écho particulier auprès de la jeunesse et des couches populaires, lassées de la corruption et des inégalités. En attaquant Sonko, ses détracteurs s’en prennent donc à un projet politique qui menace les intérêts d’une élite liée aux anciennes puissances coloniales.
Les exemples africains récents montrent que les coups d’État, bien qu’ils puissent parfois répondre à des aspirations populaires de changement, finissent souvent par affaiblir les institutions démocratiques et renforcer l’instabilité. Au Mali, en Guinée ou au Burkina Faso, les transitions militaires ont rarement conduit à une amélioration durable de la gouvernance, mais plutôt à une détérioration des droits humains et à une polarisation accrue. Au Sénégal, où la démocratie reste l’une des plus stables de la région, une telle rhétorique risque de saper les fondements mêmes de l’État de droit.
Ousmane Sonko incarne une vision politique qui cherche à libérer le Sénégal des dépendances économiques et politiques héritées de la colonisation. Son Plan de Redressement Économique et Social (PRES), financé à 90 % par des ressources nationales, illustre cette volonté d’autonomie. Attaquer Sonko, c’est donc s’opposer à une refondation de l’État sénégalais, plus juste et plus indépendant.
Le PASTEF propose une gouvernance fondée sur la transparence, la redistribution équitable des richesses, et la fin des privilèges d’une minorité. Ce projet, soutenu par une large partie de la population, est perçu comme une menace par ceux qui bénéficient du statu quo.
En Afrique de l’Ouest, les coups d’État se sont multipliés ces dernières années, souvent justifiés par la lutte contre la corruption ou l’incapacité des dirigeants civils. Pourtant, ces transitions ont rarement abouti à une démocratie plus solide. Au contraire, elles ont souvent ouvert la voie à des régimes autoritaires, comme au Mali ou en Guinée. Le Sénégal, souvent cité en exemple pour sa stabilité, ne peut se permettre de suivre cette voie.
La situation sénégalaise rappelle celle d’autres pays africains où des leaders réformateurs ont été ciblés par des campagnes de déstabilisation. En Guinée-Bissau, par exemple, les tensions entre le pouvoir civil et les militaires ont conduit à une instabilité chronique, au détriment du développement et de la cohésion sociale. Au Sénégal, la polarisation autour de Sonko et de ses idées pourrait, si elle n’est pas maîtrisée, mener à une crise similaire, avec des conséquences désastreuses pour la paix sociale et la crédibilité internationale du pays.
L’apologie du coup d’État n’est pas un débat abstrait : elle vise à éliminer un leader et un projet politique qui bousculent l’ordre établi. Protéger Ousmane Sonko et les idéaux souverainistes qu’il porte, c’est défendre la possibilité d’un Sénégal indépendant, juste et prospère. Face à cette menace, la vigilance et l’unité des forces démocratiques sont plus que jamais nécessaires. La vraie question n’est pas de savoir si un coup d’État pourrait « sauver » le Sénégal, mais bien comment préserver et renforcer une démocratie capable de répondre aux aspirations de son peuple, sans recourir à la violence ni à la régression autoritaire.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Lamine Diop.
Mis en ligne : 04/02/2026
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