Macky Sall à l’ONU : Le passé sanglant pèse sur l’avenir - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 08/02/2026 03:02:40

Macky Sall à l’ONU : Le passé sanglant pèse sur l’avenir

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Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a adressé récemment un message au président Bassirou Diomaye Faye au sujet d’une éventuelle candidature de l’ancien chef de l’État Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Il a affirmé que plus de 65 Sénégalais auraient été tués sous le régime de Macky Sall et a évoqué les quatre personnes tuées après le report de l’élection présidentielle de février 2024. Gassama a demandé que la mémoire des victimes et la quête de justice soient prises en compte avant tout soutien international.

La déclaration intervient alors que des discussions diplomatiques se déroulent au sein de réseaux africains et internationaux autour d’une possible candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU, débat qui rencontre une forte sensibilité nationale liée aux violences politiques et aux demandes de vérité judiciaire.

La demande d’Amnesty International Sénégal articule des faits précis et des implications politiques mesurables. Les chiffres évoqués par le directeur exécutif renvoient à des affaires de violences répertoriées lors de vagues de contestation et à des décès survenus à la suite de décisions institutionnelles contestées, comme le report électoral de février 2024. Sur le plan juridique, les familles des victimes attendent des procédures judiciaires effectives et des réparations, demandes qui, selon des rapports d’organisations de défense des droits humains, restent partiellement satisfaites. Sur le plan diplomatique, la promotion d’un ancien chef d’État vers une fonction internationale élevée sans clarification judiciaire expose l’État soutenant la candidature à des critiques sur le respect des standards internationaux de droits humains. Dans les institutions onusiennes, la légitimité morale et la crédibilité personnelle du Secrétaire général pèsent autant que l’expérience diplomatique.

Soutenir Macky Sall sans que des procès légitimes et des réparations aient été engagés présenterait plusieurs risques documentés. D’abord, cela créerait un signal politique: les responsabilités nationales pourraient être perçues comme secondées par la communauté internationale, et l’impunité pourrait être normalisée. Ensuite, il y aurait un impact sur la confiance des victimes: l’absence de justice pourrait décourager les démarches judiciaires et miner l’efficacité des mécanismes de réparation. Enfin, la posture de l’ONU elle-même serait fragilisée: nommer un Secrétaire général associé à des dossiers non élucidés pourrait réduire l’autorité morale de l’organisation dans les affaires de protection des civils et de prévention des violences.

La logique défendue par Gassama insiste sur la cohérence entre la personne proposée et les principes des Nations unies: paix, sécurité et droits humains. Appuyer une candidature sans mesures réparatrices reviendrait à dissocier la compétence diplomatique de la responsabilité pénale et civile, et à placer la pratique politique au-dessus des obligations de justice. La comparaison avec d’autres candidatures internationales montre que des antécédents judiciaires non résolus ont déjà entraîné des oppositions diplomatiques et des révisions de soutien. De même, la pratique des sanctions sélectives rappelle que la communauté internationale préfère parfois la prudence aux choix symboliques.

Des rapports de défenseurs des droits et des enquêtes médiatiques indiquent que les procédures judiciaires liées aux violences politiques au Sénégal ont connu des lenteurs et des limites d’accès à la vérité pour les familles. Des études comparatives sur la sélection de hauts responsables internationaux montrent que la transparence des dossiers personnels et la tenue de comptes contribuent à la crédibilité institutionnelle et à l’acceptation par les États membres.

Les faits rapportés par Amnesty International Sénégal placent la communauté nationale et internationale devant un dilemme factuel: appuyer une candidature prestigieuse tout en laissant des blessures civiles non réparées, ou conditionner un soutien à l’ouverture de procès et à des réparations effectives. Le choix politique ne relève pas seulement de la diplomatie de prestige; il touche à la crédibilité des institutions et au respect des droits humains, et les conséquences sur la confiance publique seront mesurables.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Souleymane F.
Mis en ligne : 08/02/2026

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