72 heures de silence : Le COUD réouvre sans explications - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Education | Par Eva | Publié le 10/02/2026 12:02:20

72 heures de silence : Le COUD réouvre sans explications

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Le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), dirigé par le Dr Ndéné Mbodji, a annoncé la réouverture des services de restauration sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) le lundi 9 février 2026, après une suspension de service de 72 heures. Le communiqué précise que l’accès aux repas est désormais subordonné à l’achat obligatoire de tickets de restauration.

La reprise est présentée par la Direction comme « la volonté de l’État d’accomplir ses missions sociales au bénéfice des étudiants ». Ce rappel protocolaire tombe comme une main tendue, mais il arrive sans réponses publiques sur les motifs concrets de la fermeture temporaire ni sur la destination des fonds liés à la restauration universitaire.

La coupure de 72 heures a suscité des réactions sur le campus et dans les réseaux étudiants, sans qu’un rapport détaillé ni une communication financière ne soient publiés par l’administration du COUD.

Le communiqué du COUD établit des faits simples: reprise des cuisines, obligation d’achat de tickets, discours institutionnel valorisant l’intervention de l’État. Ce qui manque aux éléments livrés est tout aussi tangible: aucune explication technique n’a été fournie sur les causes de la suspension, aucune note de service n’explique les contrôles effectués, et aucune trace publique n’indique l’usage des recettes de restauration pendant la période concernée. La vacuité informative laisse un espace d’opacité administrative que les faits mettent en lumière.

Dès lors, plusieurs constats factuels peuvent être établis. D’abord, la durée précise de l’arrêt, 72 heures, correspond à une interruption opérationnelle brève mais suffisante pour perturber l’alimentation quotidienne de centaines d’étudiants et pour générer des questions logistiques et financières. Ensuite, l’insistance sur l’obligation de paiement pour accéder aux repas indique une priorité sur la collecte de recettes, tandis qu’aucune dépense ou audit n’a été rendu public pour rassurer les usagers. Enfin, le recours au discours étatique pour légitimer la réouverture se limite à une formule laudative sans contrepartie documentaire.

L’absence d’un communiqué technique ou d’un rapport interne après une suspension opérationnelle est un fait vérifiable: aucune publication officielle détaillant les causes (hygiène, panne, contrôle) n’accompagne l’annonce. L’obligation explicite d’acheter des tickets, sans mention d’un geste compensatoire ou d’une mesure d’accompagnement pour les étudiants vulnérables, est un élément concret qui illustre la priorité donnée aux procédures de paiement. Enfin, la citation du Directeur valorisant l’État reste seule comme justificatif public, alors que les enjeux administratifs et financiers exigent habituellement des documents complémentaires: registres d’intervention, procès-verbaux, ou bilans financiers.

Examiner la réouverture sous l’angle du manque de transparence amène à souligner des questions précises et factuelles: quelles raisons opérationnelles ont motivé la fermeture de 72 heures? quelles entités ont décidé de la réouverture et selon quels critères? où ont été affectées les recettes générées par la vente de tickets durant et avant la suspension? Sans réponses documentées, le discours sur la « volonté de l’État » ressemble à un habillage politique d’une décision technique et financière restée confidentielle. La comparaison avec des pratiques administratives courantes montre qu’une communication détaillée est la norme lors d’incidents sur des services publics destinés à des populations vulnérables.

Les administrations universitaires soumises à contrôle public publient souvent des notes de service ou des rapports d’audit après une suspension de service; l’absence d’un tel document ici est mesurable. De plus, la contrainte de paiement immédiat est une donnée observable sur le terrain, vérifiable par les étudiants et les guichets du COUD, ce qui renforce la nécessité d’éclaircissements officiels.

La réouverture des cuisines du COUD le 9 février 2026 est un fait établi, tout comme l’obligation d’achat de tickets et la brève durée de la suspension. Ce qui manque, en revanche, ce sont des éléments factuels qui expliquent la fermeture et qui rendent compte de l’utilisation des fonds affectés à la restauration. Sans rapports techniques ou financiers accessibles, le message valorisant l’action de l’État reste un discours isolé face à des questions pratico-pratiques restées sans réponse, et qui pèsent directement sur la vie quotidienne des étudiants.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba D.
Mis en ligne : 10/02/2026

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