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L’Union nationale des pêcheurs artisanaux du Sénégal (UNAPAS), dirigée par Macoumba Dièye, a dénoncé le dimanche à Cap-Skirring les incursions répétées de navires de pêche industrielle dans la zone maritime réservée à la pêche artisanale, située dans les 12 milles nautiques le long des côtes sénégalaises. La caravane nationale « Porter le flambeau pour la protection des métiers de la pêche artisanale » a fait étape après des visites à Kafountine et à Ziguinchor pour porter ces plaintes auprès des autorités.
Le président de l’UNAPAS a rappelé les engagements publics des autorités visant à repousser les bateaux industriels au-delà de la zone côtière réservée aux pirogues artisanales, tout en signalant des conséquences matérielles et humaines liées à ces intrusions.
La situation touche le sud du pays ainsi que la Grande-Côte et la Petite-Côte, selon les représentants locaux, et se traduit par la destruction d’engins, des collisions, des chavirements et des disparitions de pêcheurs en mer.
Les faits exposés par l’UNAPAS montrent un écart entre les annonces officielles et la réalité opérationnelle sur le littoral sénégalais. Les engagements à maintenir la limite des 12 milles nautiques existent dans le discours public, mais la persistance des intrusions révèle des lacunes dans le suivi des navires et dans l’application des règles. Les pirogues artisanales subissent des dommages matériels récurrents, ce qui entraîne des coûts de réparation et des pertes de pêche pour des ménages dont les revenus dépendent exclusivement de la mer.
L’absence de mesures coercitives visibles est documentée par les témoignages locaux rassemblés lors de la caravane. Le président de l’UNAPAS a évoqué la fréquence des incidents et leur concentration géographique, indiquant une faiblesse de la surveillance maritime et une insuffisance des moyens affectés aux patrouilles côtières. Le président local de Cap-Skirring, Madiarra Lakhone, a décrit ces pratiques comme une menace pour la souveraineté alimentaire des communautés, formule reprise lors des échanges publics.
Les éléments factuels disponibles appuient plusieurs constats précis. D’abord, la répétition des intrusions malgré les promesses institutionnelles montre un suivi administratif et opérationnel déficient. Ensuite, l’impact humain et matériel documenté dans plusieurs localités met en évidence l’absence de sanctions dissuasives à l’encontre des navires fautifs. Enfin, la demande d’un audit et d’une publication du pavillon de pêche sénégalais formulée par l’UNAPAS témoigne d’un besoin de transparence non satisfait dans la gestion des licences et des immatriculations.
Ces constats sont renforcés par des comparaisons factuelles: la situation le long de la Petite-Côte ressemble à d’autres zones côtières ouest-africaines où la limitation des activités industrielles près des côtes est théorique mais difficile à imposer, et la proximité de la frontière maritime avec la Guinée-Bissau complique la surveillance transfrontalière. La capacité de l’État à protéger les 12 milles nautiques apparaît moindre que la volonté affichée dans les discours publics.
Les revendications portées lors de la caravane incluent la réservation exclusive de la zone de 0 à 12 milles pour la pêche artisanale, le renforcement de la surveillance maritime, la protection des pirogues et la sensibilisation sur la délimitation maritime avec la Guinée-Bissau. Ces demandes correspondent à des mesures concrètes: augmentation des patrouilles, équipement des brigades maritimes, publication des registres de pavillon et mise en place de procédures de sanction administratives et pénales. Les exemples internationaux montrent que la combinaison de surveillance radar, de contrôles portuaires et de sanctions financières réduit les incursions lorsque ces dispositifs sont effectivement mis en œuvre.
Les faits recueillis à Cap-Skirring et dans les étapes antérieures de la caravane révèlent que les engagements publics des autorités n’ont pas produit de résultats tangibles sur le terrain. Les incursions industrielles persistent, les dégâts et les risques pour les pêcheurs se multiplient, et les demandes d’audit et de renforcement des moyens restent sans traduction visible en actions coercitives. Le dossier met en lumière un déficit de suivi, de sanctions et de volonté opérationnelle qui place la pêche artisanale sénégalaise dans une situation de fragilité accrue.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mbaye Dione.
Mis en ligne : 10/02/2026
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