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Alors que le 39e Sommet de l’Union africaine s’ouvre à Addis-Abeba, la question d’un soutien africain à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies s’invite dans les débats. Cette perspective, évoquée par le président congolais Denis Sassou Nguesso, divise l’opinion publique sénégalaise et soulève des interrogations légitimes. Pourtant, au-delà des polémiques, Macky Sall incarne une chance unique pour le Sénégal et l’Afrique d’affirmer leur influence sur la scène mondiale.
Fort de son expérience à la tête du Sénégal et de l’Union africaine, il possède la vision, l’expérience diplomatique et le réseau nécessaires pour porter la voix du continent. Soutenir sa candidature, c’est choisir l’intérêt national et continental, tout en laissant la justice suivre son cours.
Le poste de Secrétaire général de l’ONU est l’un des plus prestigieux et influents au monde. Depuis la création de l’ONU, seuls deux Africains ont occupé cette fonction : Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan. En 2026, alors que le mandat d’António Guterres touche à sa fin, l’Afrique pourrait à nouveau prétendre à ce rôle, malgré la tradition de rotation qui favoriserait cette fois l’Europe de l’Est. Macky Sall, ancien président du Sénégal (2012-2024) et de l’Union africaine (2022-2023), s’est imposé comme un acteur clé de la diplomatie continentale et internationale. Son profil est reconnu pour sa capacité à médier les crises régionales, son plaidoyer pour un multilatéralisme plus inclusif, et son engagement en faveur de la stabilité et du développement africain.
Macky Sall a marqué son mandat par des succès diplomatiques notables : obtention d’un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour le Sénégal (2016-2017), gestion de la crise gambienne, et médiation dans plusieurs conflits régionaux. Son leadership a été salué pour avoir renforcé la place de l’Afrique dans les instances mondiales, notamment en plaidant pour une meilleure représentation du continent et en engageant des réformes au sein de l’UA et de la CEDEAO. Son approche équilibrée sur les grands dossiers internationaux, comme le conflit russo-ukrainien, et ses relations constructives avec les grandes puissances (États-Unis, France, Chine) en font un candidat crédible, capable de rassembler au-delà des clivages.
Macky Sall a dirigé le Sénégal pendant douze ans et l’Union africaine pendant un an, acquérant une expertise rare en gestion des crises et en négociation internationale. Son parcours en fait un ambassadeur naturel des aspirations africaines. Contrairement à d’autres dirigeants africains, il a su maintenir des relations apaisées avec les partenaires occidentaux tout en défendant les intérêts du continent. Cette posture est essentielle pour éviter un veto des membres permanents du Conseil de sécurité.
Il prône une réforme du système onusien, une diversification des ressources financières de l’organisation, et une meilleure prise en compte des enjeux climatiques et sécuritaires africains. Son engagement pour le multilatéralisme est un atout face à la montée des nationalismes. Plusieurs pays africains, comme la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, et le Maroc, soutiennent déjà sa candidature. Une candidature africaine unie renforcerait la position du continent dans les négociations onusiennes.
Historiquement, les candidatures africaines à la tête de l’ONU ont souvent buté sur le manque de consensus et les rivalités internes. Pourtant, l’élection de Kofi Annan en 1997 a montré qu’une candidature africaine forte, portée par une coalition déterminée, peut l’emporter. Macky Sall pourrait incarner cette unité, à condition que les États africains dépassent leurs divisions. À l’instar de Boutros-Ghali, qui avait su naviguer entre les attentes africaines et les réalités géopolitiques, Macky Sall a les atouts pour répéter cet exploit.
Certains, comme le député Guy Marius Sagna ou le défenseur des droits humains Seydi Gassama, estiment qu’un soutien officiel du Sénégal à Macky Sall serait une trahison des victimes des tensions politiques passées. Ces préoccupations sont légitimes, mais elles ne doivent pas occulter l’intérêt supérieur du pays et du continent. La justice doit suivre son cours, indépendamment de la candidature de Macky Sall. Le Sénégal a tout à gagner à soutenir un fils du pays capable de défendre ses valeurs et ses ambitions sur la scène mondiale, sans nier les erreurs du passé.
Soutenir Macky Sall, c’est offrir au Sénégal et à l’Afrique une tribune exceptionnelle pour peser sur les décisions mondiales. C’est aussi reconnaître que la diplomatie et la justice peuvent – et doivent – avancer de concert. En appuyant sa candidature, le Sénégal enverrait un signal fort : celui d’une nation tournée vers l’avenir, prête à jouer un rôle central dans la gouvernance mondiale. Le Premier ministre Ousmane Sonko, présent à Addis-Abeba, a l’opportunité de porter cette vision. À lui, et au président Bassirou Diomaye Faye, de saisir cette chance historique pour le Sénégal et pour l’Afrique.
En définitive, Macky Sall n’est pas seulement un candidat : il est le symbole d’une Afrique ambitieuse, unie et déterminée à prendre sa place dans le concert des nations. Le moment est venu de faire primer l’intérêt collectif sur les divisions. Le Sénégal doit dire oui à Macky Sall, pour l’Afrique et pour le monde.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Eve Sagna.
Mis en ligne : 11/02/2026
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