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Mike Tyson et Floyd Mayweather devraient s’affronter le 25 avril prochain en République démocratique du Congo, selon les informations communiquées par la presse spécialisée. Les deux anciens champions ont signé un accord pour un combat d’exhibition qui s’inscrit dans une série d’événements similaires organisés ces dernières années. Le rendez-vous est présenté comme un clin d’œil au « Rumble in the Jungle » de 1974 et il a été fixé après des négociations entre les promoteurs et les deux boxeurs âgés.
J’affirme d’emblée que ce spectacle me révolte : il envoie aux jeunes un message calamiteux en valorisant le cirque et l’argent plus que le mérite sportif et la santé des athlètes. Voir deux vétérans remonter sur un ring pour un show globalement scénarisé, filmé pour l’ego et le portefeuille, flatte la mise en scène au détriment du vrai combat et de la dignité sportive.
Mike Tyson a 59 ans et Floyd Mayweather a 48 ans; tous les deux ont multiplié les exhibitions récemment et l’événement en RDC est vendu comme un rendez-vous-symbolique. Le format n’est pas un championnat officiel mais une confrontation médiatique aux enjeux financiers importants.
Je ne condamne pas la nostalgie ni le désir de divertissement, mais je refuse l’idée que l’argent légitime tout. Les jeunes regardent, imitent, rêvent. Quand on transforme la boxe en tournée de vedettes, on perpétue l’idée que la réussite se mesure au spectacle et à la rémunération plutôt qu’à l’effort, à la technique et à la longévité fondée sur des choix prudents. La boxe a survécu grâce à des parcours laborieux, à la discipline et à des sacrifices réels; elle se meurt à petits pas quand la vitrine prime sur la valeur sportive.
Il faut dire aussi que la santé est sacrifiée sur l’autel du show. Mike Tyson a admis dans le passé que remonter sur un ring pouvait nuire : « Cela va nuire à sa santé, mais il veut le faire », avait-il déclaré en évoquant l’adversaire proposé. Ces mots tombent comme une aveu gênant. Mettre en avant des duels entre quarantenaires ou sexagénaires, même cadrés, normalise la prise de risques physiques inutiles. Les jeunes qui commencent la boxe ne voient plus seulement des modèles de travail et de résilience, ils voient des icônes qui monnayent leur corps jusqu’à l’épuisement apparent.
Premièrement, la mise en scène efface la performance. Les exhibitions sont pensées pour l’image: lumières, promos, interviews calibrées. Les pauses entre rounds deviennent des temps de show et l’issue importe moins que le spectacle vendu. C’est un glissement dangereux: au fil du temps, la victoire sportive perd son sens face à l’applaudimètre et aux recettes des retransmissions.
Deuxièmement, l’éthique de la compétition en souffre. Les jeunes sportifs qui observent ce modèle risquent d’apprendre que le raccourci gagnant passe par la notoriété médiatique plutôt que par le travail à la salle. On court le risque que la boxe devienne une succursale du divertissement, comparable à un sport-spectacle où l’affrontement sportif réel cède la place à la narration et aux coups marketing. Je compare cette tendance à la musique où la mise en scène a parfois remplacé le talent brut, et à certains sports américains qui ont transformé l’athlète en produit jetable.
Troisièmement, le signal social est mauvais. Les parents, les entraîneurs et les institutions sportives devraient porter une culture de protection et d’exigence. Au lieu de cela, la vitrine médiatique célèbre des numéros où l’on joue la provocation et la nostalgie pour vendre des billets. Mayweather, qui a justifié sa position en affirmant que le public réclame ce rendez-vous — « Ce combat donnera aux fans ce qu’ils veulent » — participe à ce glissement marchand. Mais le public n’est pas une autorité morale; il est souvent guidé par l’appât du sensationnel.
Les données médicales sur les traumatismes répétés montrent que chaque contact violent augmente le risque de séquelles neurologiques cumulatives. Les fédérations sportives alertent depuis des années sur la nécessité de limiter les expositions répétées à la violence pugilistique. Organiser des exhibitions avec des combattants vieillissants revient à ignorer ces mises en garde au profit du chiffre d’affaires et de la narration médiatique. Quand un sport se vend comme un divertissement avant d’être un métier, il trahit ses fondamentaux.
Je refuse que la boxe devienne un théâtre où l’on sacrifie la santé et l’histoire des athlètes pour un coup publicitaire. En encourageant ces exhibitions, on fabrique des modèles dangereux pour la jeunesse qui confond réussite et mise en scène, technique et spectacle, résilience et marchandisation. Les promoteurs et les vedettes portent une responsabilité : ils pourraient choisir de préserver l’intégrité du sport plutôt que d’alimenter un cirque où l’argent dicte les règles. Je préfère croire à un horizon où le mérite et la prudence reprennent le dessus sur la logique du buzz.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 18/02/2026
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