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Je ne peux rester silencieux face à la situation des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc depuis près d’un mois. Leur seul crime ? Avoir soutenu leur équipe avec ferveur lors de la finale de la CAN 2025. La réaction de Pape Matar Sarr, qui a dénoncé cette « injustice », résonne comme un cri de conscience collective. Comment accepter que des hommes, dont la passion pour le football est un symbole d’unité et de fierté nationale, soient traités comme des criminels pour des faits qui, même s’ils ont pu dégénérer, ne justifient en rien une détention aussi longue et arbitraire ?
La finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc a été marquée par des tensions extrêmes : un pénalty controversé, une interruption de match, et des supporters sénégalais tentant d’envahir la pelouse pendant quelques minutes. Ces incidents, bien que regrettables, ne sont pas exceptionnels dans l’univers du football. Pourtant, la réponse des autorités marocaines a été immédiate et radicale : 18 supporters arrêtés, placés en détention provisoire pour « hooliganisme », et maintenus en prison sans procès équitable ni respect de leurs droits fondamentaux. Leur avocat, Me Patrick Kabou, parle même de « prise d’otage juridique », soulignant que ses clients ne comprennent pas les charges retenues contre eux, interrogés dans des langues qu’ils ne maîtrisent pas, et privés de leur droit à une défense digne de ce nom.
Les images de la finale montrent des supporters en colère, mais aussi des forces de l’ordre et des stadiers marocains en première ligne. Pourtant, la détention prolongée de ces 18 hommes, sans accès à un procès rapide et transparent, pose question. Comment expliquer que, dans un pays qui se targue de respecter les droits de l’homme et les conventions internationales, des individus puissent être maintenus en prison pendant des semaines, sans que leurs familles ni leurs avocats ne puissent pleinement exercer leurs droits ? La grève de la faim entamée par les détenus, leur jeûne par intermittence, et les appels désespérés de leurs proches devraient alerter la communauté internationale.
Premièrement, la disproportion de la réponse judiciaire est frappante. Dans d’autres contextes, des incidents similaires – voire plus graves – ont souvent donné lieu à des sanctions administratives ou à des peines symboliques, mais rarement à des détentions aussi longues et opaques. Deuxièmement, le traitement réservé à ces supporters contraste avec celui accordé à d’autres groupes dans des situations comparables. En Europe, par exemple, des supporters impliqués dans des violences bien plus graves bénéficient souvent de mesures alternatives à l’incarcération, ou de procès rapides et transparents.
Troisièmement, la dimension politique ne peut être ignorée. Le Maroc et le Sénégal entretiennent des relations diplomatiques solides, et pourtant, cette affaire risque de ternir cette amitié. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a appelé à l’apaisement, mais comment apaiser quand la justice devient un outil de pression, et quand des pères de famille sont arrachés à leurs proches sans motif valable ?
Je ne peux que rejoindre Pape Matar Sarr dans sa dénonciation de cette injustice. La détention de ces 18 supporters est une tache sur la réputation du Maroc, mais aussi sur celle du football africain. Le sport doit rester un espace de passion, de fraternité, et non un prétexte pour bafouer les droits les plus élémentaires. Il est temps que la communauté internationale, les instances du football, et les défenseurs des droits de l’homme se mobilisent pour exiger la libération immédiate de ces hommes, et pour que justice soit enfin rendue, de manière équitable et transparente.
La passion ne doit pas devenir un crime. La justice ne doit pas devenir une otage.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/02/2026
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