Agricool à Ngomène : Vers une autosuffisance alimentaire toute l’année - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Agriculture | Par Eva | Publié le 19/02/2026 04:02:00

Agricool à Ngomène : Vers une autosuffisance alimentaire toute l’année

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Les ministres du Commerce et de l’Industrie, Serigne Guéye Diop, et de l’Agriculture, Mabouba Diagne, ont posé mardi à Ngomène (commune de Keur Moussa, région de Thiès) la première pierre d’une chambre froide géante nommée « Agricool ». L’unité initiale est prévue pour 250 000 tonnes (200 000 tonnes d’oignons et 50 000 tonnes de pommes de terre) et pourrait monter à un million de tonnes pour assurer une conservation sur douze mois. Le projet vise à moderniser la chaîne de stockage et à réduire les pertes post-récoltes évaluées entre 30 % et 40 %.

Après ces faits, le récit prend une tournure d’espoir industriel et agricole: cette infrastructure implantée près de zones productrices promet de structurer les filières, d’apporter une stabilité saisonnière et d’inscrire le pays sur une trajectoire d’autosuffisance prévisible.

Le programme, porté par le ministère de l’Industrie et du Commerce avec plusieurs départements sectoriels, prévoit des installations similaires à Potou, en Casamance, à Matam, dans le centre et à l’est du pays, avec une annexe de 2 500 tonnes annoncée à Kayar pour 2027 et un futur site à Podor.

La capacité annoncée à Ngomène répond à deux défis concrets: amortir les pics d’offre saisonniers et limiter les ruptures d’approvisionnement hors saison. La conservation sous atmosphère contrôlée permet de ralentir le vieillissement des bulbes et des tubercules, ce qui transforme une récolte abondante en stocks répartis sur plusieurs mois. Les pertes post-récoltes, évaluées à 30 %-40 % au Sénégal, privent le marché de volumes significatifs et accentuent la volatilité des prix pendant la soudure. Avec 250 000 tonnes initiales, la chambre froide pourrait capter une part notable des excédents saisonniers d’oignons et de pommes de terre, réduisant la pression sur les prix au lendemain des récoltes.

La régulation des offres saisonnières passera par trois leviers mesurables: stockage, logistique et coordination des acteurs. Le stockage massif permet d’éviter la mise sur le marché immédiate de tout le volume disponible, ce qui modère l’effondrement des prix pendant la récolte. Une logistique adaptée, incluant des acheminements frigorifiques vers les marchés urbains, protège la qualité sanitaire des produits et préserve leur valeur commerciale. La coordination annoncée entre producteurs, commerçants et opérateurs de stockage facilite l’organisation des flux et évite les ventes à perte qui pénalisent les producteurs et les consommateurs.

Avec des chambres froides réparties dans des pôles agricoles clés, le pays acquiert un levier pour protéger les consommateurs contre la flambée des prix en période de rareté. Quand les stocks sont disponibles toute l’année, les ménages bénéficient d’un approvisionnement stable et d’une meilleure qualité des denrées. À titre de comparaison, des réseaux de stockage similaires ont permis à certains pays de réduire la dépendance aux importations saisonnières; au Sénégal, la récolte record de pommes de terre a rendu inutile une importation cette année, ce qui illustre l’effet immédiat d’un stockage performant. Une autre comparaison avec des pratiques de chaîne froide en pays méditerranéens montre que la maîtrise de la conservation prolonge la disponibilité des produits frais et stabilise les prix.

Les capacités annoncées s’insèrent dans un continuum d’investissements: l’extension possible jusqu’à un million de tonnes donne une visibilité sur la planification des cultures et sur les besoins en équipement logistique. Les études de filière montrent que réduire de moitié les pertes post-récoltes libérerait des centaines de milliers de tonnes pour le marché intérieur et pour l’industrialisation agroalimentaire, créant des emplois de stockage, de transport et de transformation.

La pose de la première pierre à Ngomène marque une étape concrète pour transformer des récoltes abondantes en approvisionnement régulier. En structurant un réseau de chambres froides, le Sénégal se dote d’un instrument pour lisser les offres saisonnières, préserver la qualité sanitaire des produits et atténuer les variations de prix qui frappent les consommateurs. Si les capacités prévues sont déployées et reliées à une logistique efficace, le gain attendu se traduira par moins de pertes, des revenus agricoles plus stables et une alimentation de meilleure qualité pour les foyers sénégalais.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba Ba.
Mis en ligne : 19/02/2026

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