Racisme en direct : Vinicius met le protocole UEFA à l’épreuve - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Eva | Publié le 19/02/2026 02:02:00

Racisme en direct : Vinicius met le protocole UEFA à l’épreuve

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Mardi 14 février 2026, lors du match Benfica-Real Madrid à l’Estadio da Luz à Lisbonne, l’attaquant Vinicius Junior a accusé l’Argentin Gianluca Prestianni d’avoir proféré une insulte raciste, en criant « Mono! Mono! Mono! ». L’arbitre français François Letexier a interrompu la rencontre peu après la 51e minute en appliquant le protocole anti-discrimination de l’UEFA, décision restée provisoire le temps d’un rapport officiel.

Après cet instant factuel, la scène a dégénéré sur la pelouse: échanges vifs, exclusion d’un membre du staff de Benfica, intervention de José Mourinho et agitation prolongée des joueurs. Huit minutes de pause ont suivi avant la reprise, tandis que des supporters ont conspué Vinicius tout le reste du match.

L’interruption constitue une application visible du protocole de l’UEFA en match de Ligue des champions, procédure conçue pour répondre aux incidents à caractère discriminatoire pendant la rencontre. L’arbitre a appelé à la poursuite après rappel à l’ordre faute d’éléments auditifs confirmant l’insulte.

Les faits immédiats sont documentés: accusation verbale de Vinicius, geste d’appel à l’arbitre, plainte verbale sur le terrain, placement temporaire du match en pause administrative. Le protocole prévoit trois étapes: arrêt de jeu, application des mesures immédiates et transfert d’un rapport à la commission disciplinaire compétente. Ici, Letexier a suivi ces prescriptions sans sanction sur le terrain au-delà de l’arrêt momentané et de l’exclusion d’un membre du staff.

Les limites apparaissent dans la chaîne décisionnelle: l’arbitre n’a pas prétendu entendre l’insulte et s’est en remis au protocole, laissant à la commission de l’UEFA la charge d’établir les responsabilités. L’absence de preuve audiovisuelle ou de captation directe complique la démarche disciplinaire. La scène montre la fragilité d’une réponse sportive quand la détection repose sur des témoignages et des images partielles.

Premièrement, l’arrêt de match a démontré que le règlement existe et qu’il peut être activé en temps réel. Deuxièmement, l’issue immédiate est restée limitée: la rencontre a repris et aucun contrôle indépendant sur le contenu des propos n’a été rendu public. Troisièmement, l’obligation de transfert au comité disciplinaire reporte la décision lourde au temps long des procédures, sans garantie de sanction visible pour les spectateurs et pour la victime.

Ces faits posent la question de l’efficacité: la procédure a protégé la continuité du match, mais elle n’a pas apporté de résolution immédiate pour l’accusation portée. La situation rappelle d’autres incidents où la sanction est devenue une affaire postérieure, comparable à des décisions disciplinaires traitées après coup dans d’autres compétitions internationales.

L’approche adoptée ici met l’accent sur le récit factuel de l’interruption et sur la mécanique réglementaire, sans s’attarder sur une mise en accusation publique des instances. Les éléments choisis montrent des limites systémiques: dépendance au rapport arbitral, absence de preuve sonore incontestable et reprise rapide de la rencontre malgré la gravité alléguée. Le traitement médiatique et institutionnel privilégie la procédure plutôt que l’examen immédiat de responsabilité de l’instance organisatrice.

Des statistiques disciplinaires récentes de l’UEFA indiquent que les cas de discrimination en compétition sont traités, mais que les délais de décision peuvent s’étendre sur plusieurs semaines. Dans plusieurs affaires passées, les sanctions ont inclus amendes et huis clos, rarement des sanctions exemplaires immédiates contre des clubs ou des supporter. La comparaison avec d’autres fédérations montre une gamme d’approches: certaines ligues nationales sanctionnent plus rapidement sur la base d’éléments vidéo, quand d’autres privilégient le processus disciplinaire centralisé.

Les faits restent simples et documentés: accusation de Vinicius, activation du protocole par Letexier, rapport transmis à l’UEFA, match repris, huées des supporters. Le récit met en lumière une procédure opérationnelle mais imparfaite: la mécanique réglementaire s’est matérialisée sans produire de réponse immédiate satisfaisante pour la victime ni d’éclaircissement public sur la responsabilité institutionnelle. Les éléments consignés augurent d’une suite disciplinaire, mais l’événement illustre la distance entre l’urgence affichée sur le terrain et la décision effective hors du stade.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Franc G.
Mis en ligne : 19/02/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top