Cabinet clandestin en plein Dakar : Quand les contrôles passent à côté - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Maimouna | Publié le 26/02/2026 07:02:00

Cabinet clandestin en plein Dakar : Quand les contrôles passent à côté

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La Brigade de Recherches de Faidherbe, rattachée à la Compagnie de gendarmerie de Dakar, a arrêté trois individus — deux Sénégalais et un ressortissant étranger — le lundi 23 février 2025 vers 14 heures dans un cabinet médical du centre-ville de Dakar. Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, exercice illégal de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui, après une opération déclenchée à la suite d’un renseignement. La perquisition a permis la saisie de vingt cartons de produits, cinq palettes de matériel médical, des tickets de consultation et une chaise de massage.

L’affaire pose une question lourde: comment un cabinet soi-disant illégal a-t-il pu fonctionner en plein centre de la capitale sans intervention préalable des autorités compétentes? Le signalement initial et l’arrestation après enquête montrent l’efficacité d’une brigade, mais l’existence prolongée du lieu laisse entrevoir des failles administratives et des complicités potentielles qui méritent un examen approfondi.

Le cabinet opérait ouvertement dans le centre-ville et accueillait des patients au moment de l’intervention. L’enquête est conduite sous la supervision du Major Lazard Khayang Tine et se poursuit pour déterminer l’étendue des responsabilités.

Les éléments saisis confirment une activité organisée: approvisionnement régulier matérialisé par vingt cartons et cinq palettes, gestion de patients matérialisée par des tickets de consultation, et installation de prestation corporelle avec une chaise de massage. Ces indices vont au-delà d’une pratique isolée et suggèrent une structure logistique. Le maintien apparent de l’activité dans un quartier central alimente l’hypothèse d’un laxisme administratif ou d’une tolérance policière. Des cabinets clandestins ont déjà été repérés dans d’autres capitales africaines où ils ont fonctionner des mois, voire des années, avant d’être démantelés; la longévité observée ici ressemble à ces précédents.

Premièrement, la nature et la quantité du matériel saisi rendent improbable une activité strictement occasionnelle: l’existence de palettes indique des commandes régulières et des circuits d’approvisionnement établis. Deuxièmement, l’emplacement en plein centre de Dakar augmente la probabilité qu’au moins certains agents administratifs ou de sécurité aient eu connaissance de l’activité, par proximité, par plaintes de riverains ou par inspections de routine. Troisièmement, l’exploitation d’un renseignement pour déclencher l’intervention révèle qu’un signalement citoyen était nécessaire pour initier l’action, ce qui interroge la réactivité des contrôles préexistants.

Il faut examiner les possibles complicités administratives ou policières avec méthode: vérifier les registres de visites des services sanitaires, croiser les autorisations de locaux avec les déclarations fiscales et médicales, et analyser les flux d’approvisionnement signalés sur les factures ou les bordereaux saisis. Une corrélation factuelle entre retards d’inspection et proximité du cabinet avec des zones sensibles serait un indice sérieux. La comparaison avec des dossiers antérieurs de médecine clandestine en Afrique montre que les réseaux illégaux s’appuient souvent sur des relais locaux, parfois invisibles, qui vont de la fourniture de faux documents à l’aveuglement volontaire des contrôles.

Des statistiques sanitaires nationales indiquent une pénurie relative de professionnels dans certains quartiers urbains, ce qui crée une demande que des structures illégales peuvent exploiter. Les données judiciaires récentes montrent aussi que les poursuites pour exercice illégal sont plus efficaces quand elles s’accompagnent d’audits administratifs et de contrôles internes ciblés. Une cartographie des plaintes locales et des interventions antérieures fournirait des preuves supplémentaires pour identifier des complicités éventuelles.

Les arrestations et les saisies constituent une avancée judiciaire mais la présence prolongée d’un cabinet illégal en centre-ville ne peut rester un incident isolé. Les faits matériels confirment une activité organisée; la quantité de matériel et la fréquentation des patients exigent une enquête administrative et policière pour vérifier l’absence de relais complices. Sans ce travail de recoupement, le démantèlement de ce cabinet risque de laisser intacts des réseaux et des failles qui mettent en danger la santé publique.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Maimouna B.
Mis en ligne : 26/02/2026

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