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L’interview récente d’Aziz Coulibaly dans Wal Fadjri a suscité de vifs débats sur la gestion des carrières musicales au Sénégal. En pointant du doigt les failles dans l’encadrement des artistes, notamment celui de Waly Seck, Coulibaly soulève une question cruciale : pourquoi tant de talents sénégalais peinent-ils à percer à l’international, malgré leur popularité locale ? Je partage son constat et je crois fermement que la clé du succès réside dans un management stratégique, une spécialisation des rôles et une meilleure gestion des droits d’auteur. Voici pourquoi.
Le Sénégal regorge de talents musicaux reconnus en Afrique de l’Ouest, mais leur rayonnement international reste limité. Pourtant, des artistes comme Youssou N’Dour ou Akon ont prouvé que le Sénégal peut produire des icônes mondiales. Aujourd’hui, avec l’essor du streaming et des réseaux sociaux, les opportunités n’ont jamais été aussi nombreuses. Cependant, sans un encadrement professionnel et une vision claire, ces talents risquent de rester cantonnés à un succès local. Aziz Coulibaly, fort de son expérience dans l’audiovisuel et le management, met en lumière un problème structurel : les artistes sénégalais veulent souvent tout faire eux-mêmes, ce qui les empêche de se concentrer sur leur art et de bénéficier d’une expertise externalisée, essentielle pour une carrière internationale.
Coulibaly critique à juste titre le manque de professionnalisme dans la gestion des carrières. Il souligne que des artistes comme Michael Jackson ou Burna Boy ont réussi grâce à une division claire des tâches : interprétation, composition, production et management sont assurées par des experts dédiés. Au Sénégal, beaucoup d’artistes cumulent ces rôles, ce qui dilue leur énergie et limite leur potentiel. De plus, les problèmes de droits d’auteur et de rémunération équitable persistent, malgré l’existence d’organismes comme la SODAV, chargée de protéger les intérêts des créateurs.
L’exemple de Waly Seck est révélateur. Coulibaly estime que son entourage ne lui permet pas d’exploiter pleinement son charisme et son talent. Un bon manager aurait pu transformer ses concerts en véritables spectacles, adaptés aux attentes internationales, et négocier des partenariats stratégiques pour une diffusion mondiale. À l’inverse, des artistes africains comme Davido, Wizkid ou Tyla ont su s’entourer de professionnels compétents, signant avec des labels internationaux et structurant leur image pour conquérir de nouveaux marchés.
Un artiste ne peut pas être à la fois compositeur, producteur, manager et interprète. En confiant chaque aspect à des experts, il gagne en qualité et en visibilité. Les exemples de Mavin Records (Nigeria) ou de WCB Wasafi (Tanzanie) montrent comment des labels bien structurés transforment des talents locaux en stars mondiales. Un bon manager ouvre des portes. Les Victoires de la Musique 2026 ont confirmé l’influence croissante de la musique africaine en France, mais pour en profiter, il faut des intermédiaires capables de négocier des collaborations et des tournées.
Au Sénégal, les revenus issus des droits d’auteur sont souvent mal redistribués. Une gestion rigoureuse, comme celle pratiquée par la SACEM en France ou la SODAV au Sénégal, permettrait aux artistes de vivre décemment de leur art et de réinvestir dans leur carrière. Un spectacle de 20 minutes ne suffit pas pour séduire un public global. Il faut des shows travaillés, une stratégie digitale et une image cohérente – des éléments que seul un management professionnel peut apporter.
En Afrique de l’Ouest, des labels comme Mavin Records (Nigeria) ou WCB Wasafi (Tanzanie) ont compris l’importance d’un écosystème structuré. Leurs artistes, comme Davido ou Diamond Platnumz, bénéficient d’un accompagnement sur mesure : production de qualité, marketing ciblé et tournées internationales. Résultat : ils dominent les charts mondiaux et génèrent des revenus considérables, tout en inspirant une nouvelle génération.
En France, l’influence de la musique africaine ne cesse de grandir, comme en témoignent les nominations aux Victoires de la Musique 2026. Pourtant, pour que les artistes sénégalais en profitent, il leur faut des managers capables de négocier des contrats avantageux et de les positionner sur des scènes prestigieuses.
Aziz Coulibaly a raison de tirer la sonnette d’alarme. Le Sénégal a tout pour réussir : des talents exceptionnels, une culture musicale riche et un public passionné. Mais sans une gestion professionnelle des carrières, ces atouts resteront sous-exploités. Il est temps que les artistes, les managers et les institutions (comme la SODAV) travaillent main dans la main pour structurer le secteur, protéger les droits des créateurs et offrir aux talents sénégalais les moyens de briller à l’international.
Je suis convaincu que, avec un encadrement adapté, des artistes comme Waly Seck pourraient non seulement remplir des salles au Sénégal, mais aussi conquérir le monde. Le talent est là. Il ne manque plus que la machine bien huilée pour le propulser.
Et vous, pensez-vous que les artistes sénégalais ont tout à gagner à s’entourer de professionnels, ou craignez-vous que cela ne nuise à leur authenticité ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 26/02/2026
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