Yakaar-Teranga : Le Sénégal enfin maître de sa richesse gazière - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Maimouna | Publié le 03/05/2026 03:05:15

Yakaar-Teranga : Le Sénégal enfin maître de sa richesse gazière

Le 23 avril, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé sur ses réseaux sociaux le retrait de l’entreprise américaine Kosmos Energy du bloc gazier Yakaar-Teranga, situé à 60 km au large de Dakar.

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Suite de l’article : Kosmos détenait 90 % des parts depuis 2023, après le départ du britannique BP la même année, des désaccords portant sur le partage entre approvisionnement domestique et exportations en gaz naturel liquéfié ayant motivé ces retraits.

Ce gisement, découvert en 2016, contient des réserves estimées à 25 billions de pieds cubes (TCF), ce qui en fait l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest. La nouvelle configuration place désormais la compagnie nationale Petrosen à la tête de la licence, ouvrant une fenêtre d’action pour l’État sénégalais.

La prise de contrôle complète par Petrosen impose des décisions techniques et financières lourdes: finaliser les études de développement, choisir une architecture d’évacuation du gaz et sécuriser des financements. Le projet reste en phase de développement, et des arbitrages restent à conduire sur l’équilibre entre approvisionnement domestique, transformation locale et ventes sur les marchés internationaux. Aida Diop, directrice pays de l’Institut de gouvernance des Ressources naturelles, juge le calendrier incertain, estimant que « le démarrage de la production [est] de plus en plus incertain avant la fin de la décennie. »

Reprendre le contrôle offre toutefois des leviers concrets. Avec 25 TCF, l’État dispose d’un actif susceptible d’améliorer la sécurité énergétique nationale si une part significative est réservée au marché intérieur. La gestion nationale permettrait de prioriser l’usage du gaz pour la production d’électricité et pour la filière industrielle, ce qui pourrait contribuer à réduire les coûts de l’électricité pour les consommateurs. Le retrait de Kosmos suit celui de BP en 2023, un précédent qui montre que les positions contractuelles et la gouvernance du partage des ressources sont des éléments décisifs pour la stabilité des partenariats.

Deux trajectoires sont envisageables pour le développement du bloc. Dans la première, Petrosen assume le rôle d’opérateur unique et cherche des partenaires financiers sans leur céder l’opérateur, ce qui exige de mobiliser des capitaux et des compétences techniques rapidement. Dans la seconde, un nouvel opérateur international entrerait au capital ou prendrait l’opérateur, permettant de partager les risques et d’accélérer certains volets techniques, au prix de nouvelles négociations et de délais supplémentaires. Ces scénarios résument le choix entre souveraineté accrue et pragmatisme partenarial.

Des exemples régionaux montrent que la combinaison d’un opérateur national fort et de partenariats ciblés peut porter des gains durables lorsqu’elle est accompagnée d’une gouvernance transparente et d’un calendrier clair. L’enjeu pour Dakar sera de transformer la prise de licence en capacité opérationnelle: contrats d’ingénierie, appels d’offres pour construction d’infrastructures, planification de l’acheminement vers des centrales électriques ou des installations de liquéfaction si l’exportation est retenue.

La donne est donc positive sur le principe: le retrait de Kosmos rend possible une orientation plus nationale du projet, avec l’occasion de tirer au bénéfice de la population une part plus marquée des ressources. Reste à traduire cette opportunité en décisions techniques, en financements et en calendrier réaliste pour que Yakaar-Teranga devienne un moteur de sécurité énergétique et de développement économique pour le Sénégal.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mounass N.
Mis en ligne : 03/05/2026

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