Affaire Kemi Seba : Des audios qui questionnent son panafricanisme - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 05/05/2026 04:05:30

Affaire Kemi Seba : Des audios qui questionnent son panafricanisme

Les enregistrements téléphoniques attribués à Kemi Seba ont relancé le débat sur ses positions et sur les réseaux d’influence qui entourent le militant panafricaniste.

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Suite de l’article : Les extraits, largement diffusés après son arrestation en Afrique du Sud, montrent une tonalité critique rare à l’égard des juntes de l’Alliance des États du Sahel et de la présence russe en Afrique, soulevant autant de questions sur l’origine des fuites que sur la cohérence politique du mouvement qu’il préside.

La divulgation intervient après l’interpellation de Kemi Seba le 13 avril pour des faits liés à une entrée présumée illégale au Zimbabwe. Plusieurs extraits audio, issus d’une même conversation d’environ dix minutes, ont circulé sur X et Tiktok et accumulé des centaines de milliers de vues. L’autre interlocuteur de l’appel, le chanteur togolais Zaga Bambo, a confirmé la tenue de la conversation et a précisé qu’elle aurait eu lieu en octobre 2025, sans pour autant indiquer qui a diffusé les fichiers. Des analyses vocales ont par ailleurs affirmé qu’aucune manipulation par intelligence artificielle n’a été détectée sur les enregistrements.

Les propos entendus bousculent l’image habituelle de l’ONG Urgences panafricanistes et de son président. Kemi Seba y critique vertement les juntes qui composent l’AES, accusant ces militaires d’avoir récupéré la rhétorique panafricaniste pour consolider leur pouvoir. Il déplore que le mouvement ait été « capturé » et va jusqu’à affirmer: « Maintenant, être panafricain, c’est faire l’atalaku de l’AES ». Sur la Russie, son discours est ambivalent: il récuse l’amitié proclamée tout en reconnaissant le rôle stratégique que Moscou peut jouer dans certains intérêts régionaux, évoquant des manœuvres visant à fragiliser des gouvernements comme celui de la Côte d’Ivoire.

Les enregistrements donnent une vision interne des pratiques de financement et des mises en relation opérées par l’ONG. Kemi Seba y revendique la monétisation des contacts internationaux, précisant que des interlocuteurs cherchant des mises en relation avec des réseaux étrangers doivent contribuer financièrement à l’organisation. Ces révélations confortent les suspicions déjà formulées par certains collectifs d’enquête au sujet du rôle d’Urgences panafricanistes comme vecteur pour des fonds externes, sans toutefois apporter de preuve nouvelle sur les montants et les bénéficiaires précis.

La fuite a été rapidement instrumentalisée sur les réseaux, parfois par des comptes hostiles ou favorables aux juntes, et a donné lieu à la circulation d’un faux communiqué nigérien affirmant le retrait d’un passeport diplomatique. Ce document, bien que visuellement crédible, n’a jamais été publié par les canaux officiels de la junte. La circulation simultanée d’audios authentifiés et de faux papiers illustre la porosité entre information brute et opérations de désinformation, et montre comment un même événement peut être exploité pour conforter des narratifs opposés.

Des confirmations croisées ont apporté des éléments de contexte sans modifier le fond des révélations. Zaga Bambo a expliqué que la conversation s’est tenue sur Telegram et qu’elle a duré près d’une heure, tout en niant en être l’auteur de la fuite. Des expertises vocales ont écarté une génération artificielle des sons. Le collectif All Eyes on Wagner a estimé que certains détails concordent avec ses soupçons sur des montages financiers impliquant l’ONG. Par comparaison, la diffusion de faux communiqués ressemble à des opérations observées dans d’autres crises régionales, et la gestion de la réputation de Kemi Seba rappelle les moments où des leaders politiques ont vu leur parole fragmentée et utilisée contre eux.

Les enregistrements ne répondent pas à toutes les interrogations, mais ils déplacent le débat vers la transparence des réseaux et la cohérence des positions politiques au sein du panafricanisme contemporain. Ils montrent un leader qui, d’un côté, critique la récupération par les juntes et, de l’autre, admet l’existence d’échanges monnayés avec des acteurs étrangers. La suite de l’affaire dépendra des enquêtes sur l’origine des fuites, sur la vérification des allégations financières et sur les réponses éventuelles de Kemi Seba et de son organisation alors que sa situation juridique reste pendante.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 05/05/202
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