La démission de Moussa Mbaye n’est pas un simple acto isolé: elle révèle, sous un vernis de routines institutionnelles, l’échec d’une gouvernance qui se dit modernisée mais qui pratique l’opacité.
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Suite de l’article : En se retirant de la gestion de la billetterie de la Coupe du monde, Mbaye met en lumière des dysfonctionnements financiers et une incapacité à protéger des fonctions stratégiques. L’affaire dépasse un conflit de personnes; elle interroge la capacité de la Fédération sénégalaise de football à se gouverner elle-même.
Le contexte est connu du grand public: des primes controversées, un Comité exécutif fracturé, une majorité contestataire qui met au jour des montants et des décisions opaques. Mbaye, dirigeant local et membre influent, explique dans sa lettre que les conditions d’exercice ne permettent plus de répondre aux exigences de coordination et de rigueur. Il écrit sa démission en invoquant sa cohérence avec des valeurs. Cette phrase porte un poids politique: elle traduit une perte de confiance interne et la fin d’une tolérance envers des pratiques financières jugées douteuses.
L’analyse montre que le problème n’est pas seulement moral, il est structurel. Confier un dispositif aussi sensible que la billetterie d’une Coupe du monde requiert des procédures claires, une traçabilité des flux et une protection contre les interférences politiques. Or, la démission de Mbaye signale que ces garants n’existent pas ou sont neutralisés. Quand une fonction stratégique devient exposée, le risque n’est pas seulement la mauvaise gestion des recettes; c’est aussi la dégradation de l’image internationale et la perte de partenaires potentiels. La fédération donne l’impression de fonctionner comme une institution sujette aux alliances opaques plutôt que comme une organisation régie par des règles visibles.
Plusieurs arguments confortent ce jugement. D’abord, la contestation interne rassemble une large partie du Comité exécutif, ce qui suggère que les griefs sont partagés et récurrents. Ensuite, la nature des primes litigieuses et leur attribution à une frange du comité posent la question des mécanismes décisionnels et des conflits d’intérêts. Enfin, la fuite d’un responsable de billetterie indique que la protection des fonctions sensibles est insuffisante: soit les processus sont inexistants, soit la culture de gouvernance permet des interventions impropres.
La scène politique du football sénégalais peut être comparée à un navire privé de capitaine quand les mécanismes de contrôle faiblissent, et elle ressemble à une entreprise qui sacrifie la conformité à des calculs opportunistes. Ces comparaisons aident à saisir l’ampleur du malaise: lorsqu’une direction stratégique se vide de sa substance parce que ses acteurs refusent d’être caution d’un système, la fédération perd en crédibilité et en efficacité.
Des chiffres et des faits renforceraient ces constats, mais la logique est déjà visible: des montants contestés, une majorité contestataire, la démission d’un responsable clé. Le président a programmé une réunion avec les contestataires; cette prise d’initiative est nécessaire mais insuffisante si elle se limite à la conciliation sans réforme. La fédération doit ouvrir les comptes, clarifier les règles d’attribution des primes et protéger par des procédures formelles les fonctions stratégiques.
La démission de Moussa Mbaye doit être l’électrochoc d’une refonte. Tant que la gouvernance restera opaque et que les fonctions vitales resteront vulnérables, la Fédération sénégalaise de football s’expose à des sorties de route plus graves que des querelles internes: perte de partenaires, contestation populaire et affaiblissement du football national. La question désormais est simple: la fédération veut-elle réparer ses mécanismes ou continuer à poser des rustines sur des fissures que chaque nouvelle crise agrandit?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 05/05/2026
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