Je m’appelle Coumba. J’ai vingt-huit ans et, aujourd’hui encore, j’ai du mal à raconter cette histoire sans ressentir un mélange de regret et de confusion.
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Suite de l’article : Tout a commencé il y a cinq ans, lorsque j’ai rencontré Amadou. Il avait trente ans à l’époque et, très vite, il est tombé profondément amoureux de moi. Il était généreux, attentionné et financièrement stable. Il prenait soin de moi comme peu de personnes l’avaient fait auparavant. Il m’a soutenue dans mes études à l’université, m’a offert une voiture pour mon anniversaire et ne m’a jamais laissé manquer de rien matériellement.
Au début, je pensais avoir trouvé une stabilité rare. Pourtant, au fil du temps, un détail a commencé à prendre une place de plus en plus importante dans mon esprit : sa manière de s’exprimer en français. En privé, cela ne me dérangeait pas vraiment. Nous arrivions à nous comprendre, à rire, à partager des moments simples. Mais dès que nous étions en public, surtout avec mes amies ou dans des cercles sociaux, je me sentais mal à l’aise. Il parlait fort, parfois de manière confuse, et attirait les regards. J’avais l’impression que ces regards n’étaient pas neutres.
Mes amies ont commencé à me faire des remarques. Certaines disaient que je méritais mieux, que mon niveau d’études ne correspondait pas à celui d’un homme qui ne maîtrisait pas bien la langue française. Peu à peu, ces paroles ont influencé ma perception. Je me suis mise à voir Amadou différemment, non plus comme l’homme attentionné qu’il était, mais comme quelqu’un qui ne correspondait pas à l’image que je voulais projeter.
Lorsqu’il a demandé ma main, j’ai refusé. Je me suis persuadée que je ne pouvais pas construire ma vie avec un homme qui refusait, selon moi, de faire l’effort de s’améliorer dans sa manière de s’exprimer. Il disait que ce n’était pas sa langue maternelle et qu’il n’avait pas besoin de changer pour plaire aux autres. À ce moment-là, j’ai interprété cela comme un manque d’ambition. Déçu, il a fini par accepter notre séparation.
J’ai continué ma vie, pensant avoir pris la bonne décision. Mais les années qui ont suivi n’ont pas été celles que j’imaginais. J’ai rencontré plusieurs hommes, mais beaucoup étaient instables, peu sérieux ou incapables d’assumer leurs responsabilités. Certains parlaient bien, avec des mots séduisants, mais sans actions derrière.
Un jour, poussée par une nostalgie inattendue, j’ai essayé de recontacter Amadou. Mais ce n’est pas lui qui a répondu. Une femme s’est présentée comme son épouse. À cet instant, j’ai ressenti un vide immense, difficile à décrire. Je ne savais plus quoi penser, ni quoi ressentir.
Aujourd’hui, je comprends avec le recul que j’ai peut-être confondu les apparences et les valeurs essentielles. J’ai cru que la manière de parler définissait la valeur d’un homme. J’ai oublié que la stabilité, le respect et la sincérité ne s’expriment pas toujours avec de beaux mots.
J’ai appris, trop tard, que le verbe ne remplit pas la marmite.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 12/05/2026
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